Le Canada est-il un terrain hostile pour les nouveaux médias?

Canada: peril to the north par futureatlas.com

"Canada: peril to the north" par futureatlas.com

J’apprends que la sortie très anticipée de Skype pour le iPhone dans les prochains jours sera un déploiement mondial, à l’exception du Canada. La raison évoquée est un problème de brevet avec Skype au Canada. Ceci s’ajoute à une liste de plusieurs services qui sont interdits ou non disponibles au Canada.

Le service SkypeIn qui consiste à avoir un numéro de téléphonie locale dans le code régional de son choix. Les codes régionaux du Canada ne sont pas disponibles puisque le CRTC exige Skype à offrir le service d’urgence 911. C’est toutefois prendre les citoyens pour des cons. Si c’est si important d’avoir le 911, pourquoi alors permis de se désabonner à la téléphonie terrestre? Les deux situations sont autant risquées. Le lobby des compagnies de téléphone serait-il pour quelque chose?

Le service de musique en ligne en continu Pandora n’est pas offert non plus au Canada. La raison? Il n’existe pas de pendant au DMCA au Canada ce qui les obligerait à négocier les droits de diffusion avec chaque artiste qu’il joue. Ce qui est impossible à faire.

Le service Hulu de vidéo est disponible qu’à partir des États-Unis. Le site offre de la vidéo sur demande de productions officielles des diffuseurs NBC, FOX, etc. Toutefois, la raison plausible qu’ils interdisent les internautes canadiens a rapport au CRTC encore une fois. Les émissions sont rediffusées sur des stations canadiennes. Ces stations ont l’exclusivité au Canada de la diffusion de ces émissions. Si un internaute pouvait les visionner en ligne, ça leur ferait perdre des revenus publicitaires.

Le service d’achat de livres électronique d’Amazon avec l’appareil Kindle ne sera pas non plus disponible au Canada. L’industrie du livre n’est pas prête à ce changement. Les lecteurs canadiens seront privés de dernier roman de Stephen King alors qu’il sera disponible exclusivement sur cette plateforme.

Les interdictions s’accumulent dans notre beau pays. Le pays de Graham Bell devient de plus en plus une embuche à l’innovation des médias et des technologies. Ce vieux Bell serait-il capable d’inventer un tel appareil dans cette conjoncture?

Acheter des licences de logiciels de compagnies étrangères, est-ce avisé?

Le gouvernement du Québec fait la manchette dans Cyberpresse avec l’octroi sans appel d’offres d’un contrat à Microsoft par le Ministère de l’Éducation pour renouveler 1800 licences de Microsoft Office 2007 au coût de 733$ chaque. Ceci équivaut à environ 1,3 million de dollars qui seront versés directement à cette compagnie étrangère.

par Andrew Abogado

par Andrew Abogado

C’est une surprenante décision étant donné que OpenOffice 3.0 est gratuit et il est rendu à une maturité quasi équivalente à Microsoft Office. La plupart des utilisateurs utilisent seulement les fonctionnalités de surface d’Office. Les superutilisateurs sont une proportion minime, mais personnellement j’utilise OpenOffice et je n’ai pas encore été confronté à des contraintes limitatives. Au contraire, je profite de fonctionnalités avancées exclusives à la suite gratuite.

Québec vit une crise économique (de ce qu’on dit dans les médias du moins). Le gouvernement Charest a annoncé des réinvestissements dans les routes et les ponts ont pour but de faire travailler des ressources humaines. Les dépenses en ressources humaines sont retournées dans l’économie locale, contrairement à des frais en licences ou en matériel. Ceci est encore plus vrai si la matière première provient de l’étranger comme les licences du géant de Redmond et le goudron pour faire les routes (pétrole).

Serait-il plus sage de minimiser les dépenses à l’étranger de la part du gouvernement et de réinvestir dans l’économie locale. Les logiciels libres permettent de réduire les dépenses en licences. Si on reprend l’exemple des routes, serait-il mieux alors de faire travailler la main d’œuvre en TIC du Québec qui vit et qui paie des impôts au Québec? Un main d’oeuvre qui peut implanter et support les logiciels libres dans ces organismes.

Coups d'épées dans l'eau par les écoles

Digital Natives par Cristóbal Cobo Romaní

"Digital Natives" par Cristóbal Cobo Romaní

Aujourd’hui j’ai contribué à une série d’articles très pertinents par Taïeb Moalla dans le Journal de Québec. Ils sont publiés dans l’édition du samedi 28 mars 2009 et maintenant, à mon grand plaisir, en ligne. L’étincelle provient d’un billet écrit par Félix Genest sur son blogue personnel.

Ce que je voulais apporter au débat c’était la réflexion suivante. Si les jeunes étudiants ont besoin d’utiliser ces sites, ils vont tout faire pour y parvenir. Ils réussiront. Les jeunes sont nés avec ces outils dans les mains et y ont accès librement à la maison. Au lieu de bloquer, il serait davantage productif d’enseigner aux élèves à utiliser judicieusement le web. On y trouve de l’excellent contenu sur le web et les pires atrocités. Le web est le reflet de la vie de tous les jours. Dans le monde physique il y a des dangers potentiels qui nous guettent : les accidents d’autos, la drogue, la violence et plus encore. On devient prudent face à ces dangers et le web ne devrait pas être traité différemment.

Voici les articles en question :

Le SOA pour se distancer des contraintes techniques

When computing needed this much room par photoaf

"When computing needed this much room" par photoaf

Je suis tombé sur un petit vidéo produit par TechRepublic qui présente et explique bien le SOA (Architecture orientée services). Ce type d’architecture logiciel permet de se distancer des contraintes techniques. Il permet de se concentrer sur les lignes d’affaires de l’entreprise.

Une ligne d’affaires est une transaction courante que plusieurs secteurs de l’entreprise doivent orchestrer ensemble. Prenons l’exemple le plus simple : une commande client. Imaginons aussi que notre entreprise est entièrement informatisée.

  1. La commande est saisie par différents formulaires sur notre site web.
  2. Un appel est fait vers un système de commandes clients à l’intérieur du réseau de l’entreprise (derrière le coupe-feu).
    1. Le système de commandes appelle à son tour le système d’inventaire du magasin pour connaître la disponibilité en stock. Le résultat est retourné jusqu’au client sur le web pour indiquer les disponibilités et délais de livraison.
  3. Si la commande est acceptée, le système de commande appelle :
    1. Le système d’inventaire pour sortir la marchandise commande.
    2. Le système d’expédition pour créer le bon de livraison et rassembler les commandes (s’il y a lieu).
  4. Lorsque la commande est expédiée, le système d’expédition appelle le système comptable pour créer une facture.

Voici des informations clés sur le SOA que le vidéo explique. Ces points sont détaillés dans ce billet.

  1. L’automatisation des processus est le but principal du SOA.
  2. Les services peuvent être créés à partir de systèmes patrimoniaux (legacy)
  3. Les services peuvent être sous-traités (applications SaaS/Cloud) .
  4. Ce n’est pas seulement une approche technique.
  5. Ça ne signifie pas nécessairement des services web. Plusieurs progiciels ont leur API propriétaire qui peut être utilisé.
  6. SOA peut être mis en place avec de l’infrastructure existante.
  7. SOA est une approche d’évolution de systèmes.
  8. La performance et la disponibilité des services doivent être des préoccupations importantes.