Webcom mai 2009: Le web doit s'ouvrir

par Frédéric Harper

par Frédéric Harper

J’ai apprécié mon deuxième Webcom. Marc Canter a mis la table avec sa présentation du OpenMesh. Marc Canter est le fondateur de Macromedia. Quelques autres conférences ont aussi porté en partie ou en totalité sur les aspects d’interopérabilité entre sites et applications et la portabilité des données.

OpenMesh

Voici une liste de points que j’ai retenu de sa présentation:

  • Avoir pour unique objectif de faire de l’argent avec des logiciels est une stratégie perdante
  • Les logiciels peuvent changer la vie des personnes
  • Établir des standards quand tout le monde le fait la même chose
  • Utiliser les méthodes d’authentification communes (OpenID)
  • Permettre l’export et import complet des données des utilisateurs
  • Fournir des API bidirectionnels dans nos applications, ça doit être aussi simple de fournir des données que d’en retirer
  • Tous les grands sites doivent devenir des plateformes sur lesquelles d’autres développeurs peuvent se brancher

Voici la présentation interactive de Marc Canter donné à Webcom le 13 mai.

C’est certainement une philosophie que je fais garder en tête lors de mes projets futurs. La vieille philosophie des TI est de garder captifs les usagers en complexifiant le plus possible les dépôts de données et les fonctions d’exportation. Une stratégie de vieille école qui se justifie par l’avantage concurrentiel. Un manque de respect de ses utilisateurs à mon avis. L’industrie des TI est la seule qui impose autant de contraintes de fidélisation à ses clients.

Mais, dans une autre conférence donnée par Evan Prodromou, Carl Charest, Dominique-Sébastien Forest et Sylvain Carle, on nous expliquait que WordPress a réussi à attirer davantage d’utilisateurs lorsqu’ils ont offert une fonction d’exportation complète d’un blogue en XML. Les utilisateurs avait alors moins peur de se commettre à la plateforme. Ils avaient une stratégie de sortie.

Yulbiz

Je voulais tout de même faire une mention spéciale à tous ceux que j’ai eu le plaisir de rencontrer en personne au Webcom et spécialement au Yulbiz qui s’est tenu après. Je vais y revenir bientôt dans un autre billet, mais j’ai été très bien accueilli par des dizaines de personnes avec qui j’ai fraternisé en ligne pendant des mois. Qui dit que les relations établies en lignes sont d’aucunes valeur? Ça fait longtemps que j’y crois aux réseaux sociaux et ma première expérience Yulbiz est une preuve de plus.

J'assiste à Webcom mai 2009

par magicfab

par magicfab

J’assisterai avec plaisir à nouveau à la conférence Webcom Montréal le 13 mai prochain. Cet événement se déroule deux fois par année, soit au printemps et à automne. C’est un réel plaisir d’y aller et une opportunité de découvrir les nouvelles tendances grâce aux conférenciers internationaux. Aussi, plusieurs conférences mettent en vedette les « success stories » du web réalisés par des entreprises québécoises.

De plus, c’est une occasion de faire la connaissance des différents acteurs de l’industrie du web au Québec. Je connais déjà plusieurs personnes qui y seront, dont certains avec lesquels j’ai échangé exclusivement sur les réseaux sociaux comme Twitter. Ça sera une opportunité de leur serrer la pince. Si vous vous reconnaissez: au plaisir de se rencontrer!

La dette technique

par kawanet

par kawanet

Je viens de prendre connaissance d’un superbe billet sur le blogue de Coding Horror qui s’intitule « Paying Down Your Technical Debt« . La dette technique (Technical Debt) est un concept qui a été lancé par Ward Cunningham. Lorsqu’on développe ou maintient une application sur une longue période de temps, ça arrive souvent qu’on prenne des chemins discutables pour arriver à nos fins. Cela se justifie par des échéances trop serrées, une ignorance de la technologie ou un manque de familiarisation avec le patrimoine bâti (ce qui a été fait avant nous).

Lorsqu’on décide de ne pas revisiter ces erreurs et de constamment les éviter, c’est qu’on produit un déficit qu’on rajoutera à la dette technique. Éventuellement, l’application deviendra un gros spaghetti incompréhensible composé d’innombrables passes passes de cowboy. On vient alors à la conclusion qu’elle doit être refaite et mise au rancart. On fait faillite en sorte!

Le billet nous conseille de prendre une pause du développement de nouvelles fonctionnalités et dédier un peu de temps à réécrire des portions de l’application (refactorisation). Il existe des techniques pour faire de la refactorisation sans déstabiliser l’application.

Aussi la refactorisation devrait être encouragée pendant le projet et devrait être une priorité pour une application en maintenance. L’amélioration d’une application qui compte déjà ses adeptes fera du programmeur une mégavedette sans trop d’efforts de sa part. C’est une parfaite application de la loi de Pareto (loi du 80/20).

Avez-vous des exemples où vous avez réduit ou accumulé une dette dans un projet?

Pourquoi un seul mot de passe pour Metallica?

Metallica (James Hetfield) @ Birmingham par 6tee-zeven

"Metallica (James Hetfield) @ Birmingham" par 6tee-zeven

Les prochains concerts au Québec de Metallica ont fait la manchette récemment pour des ratés au niveau de la vente de billets. Les membres du fan-club du célèbre groupe avait droit d’acheter des billets 2 jours avant tout autre client. Le fan-club a mis à la disposition un mot de passe, un seul, que les acheteurs devaient fournir lors de l’achat en ligne des billets.

Évidemment, l’information a propagé sur internet comme une trainée de poudre et le mot de passe s’est retrouvé partout. Au lieu de vendre 1000 billets comme à l’habitude pour la portion Québec du fan-club, environ 5000 billets ont été vendus avec le populaire mot de passe.

Mon billet va porter sur les raisons possibles de ce dérapage et je propose une solution pour éviter que ça se reproduise.

1. Pas assez de temps

Souvent, la mise en vente des billets doit se faire rapidement après la mise sous contrat de l’artiste. Le producteur doit parfois débourser des montants importants pour réserver la salle de spectacles. L’argent doit rentrer dans les coffres rapidement. Aussi, l’information de prioriser les membres du fan-club serait peut-être venue à la dernière minute à la compagnie de billetterie. Elle n’avait pas la fonctionnalité toute faite dans son système actuel, mais elle devait être en mesure de vendre les billets tout de suite tout de même.

L’ajout d’un champ avec un mot de passe unique était une modification très simple qui prend une heure ou deux à faire.

2. Confidentialité de la liste de membres

Pour avoir un mot de passe unique pour chaque membre du fan-club, ils devaient fournir une liste quelconque au système de billetterie. La liste doit être complète, car on ne doit pas courir le risque qu’un membre soit refusé par le système. Le fan-club a peut-être refusé de fournir ces données à la billetterie canadienne.

Toutefois, j’ai compris que le fan-club semble collaborer davantage avec d’autres billetteries pour valider chaque membre avec un code distinct. J’ignore pourquoi ils n’ont pas pu le faire ici.

3. Non-rentabilité de l’adaptation du site web

La somme des frais d’administration que la billetterie facture lors de la vente de billets de ces deux concerts ne défrayerait pas les coûts de développement d’une solution robuste et permanente. Il se peut que la billetterie n’ait pas voulu investir trop heures de développement informatique pour ces deux événements.

Des solutions existent

Si le fan-club veut offrir des privilèges lors de l’achat de billets de spectacle pour ses membres, elle devra moderniser ses systèmes d’information. Il existe des moyens relativement peu couteux d’intégration de systèmes qui permettent d’authentifier un membre qui tenterait de se procurer un billet sur un système quelconque de billetterie en ligne.

Le Metallica Club offre un site web avec authentification. Il est réaliste de croire que chaque membre de leur fan-club a un nom d’utilisateur et un mot de passe. Si leur site web offrait un fournisseur OpenID, le système de billetterie en ligne pourrait rediriger le client à une page d’authentification sur le site de www.metclub.com. Si le membre est authentifié, il le redirige automatiquement à nouveau sur le site de la billetterie pour poursuivre son achat en toute légitimité.

L’utilisation d’OpenID dans l’industrie permettrait d’éviter de développer des solutions sur mesure pour chaque fan-club et chaque système de billetterie en ligne. Le standard est de plus en plus adopté dans l’industrie du web et surtout sur les réseaux sociaux. Il a été inventé d’abord pour éviter d’avoir à mémoriser un mot de passe sur chaque site sécurisé que l’on visite sur internet.

Dans toute cette histoire, ça serait important d’en tirer une leçon et surtout faire mieux la prochaine fois.

D’après vous, quelles ont été les causes de ce problème? Quelles autres solutions auraient pu éviter tout ça?