Publié par

by René Ehrhardt

by René Ehrhardt

Avez-vous entendu parler des dernières initiatives de la Ville de Vancouver? Une motion a été déposée au conseil municipal dans le but d’adopter une politique d’ouverture des systèmes informatiques et des données municipales. Toute donnée non confidentielle pourra être disponible en ligne sous forme de service en ligne ou sous un format de données standard.

En lisant les articles à ce sujet sur internet, on vante l’avancée idéologique de la Ville. Toutefois, je suis une personne terre-à-terre et j’ai voulu apporter un point de vue plus pragmatique.

Ce genre d’initiative risque d’améliorer grandement l’efficacité des villes. Les villes offrent beaucoup d’information gratuite (cartes, plans, etc.). Elle est accessible seulement par demande d’information formelle par téléphone, par télécopieur ou en personne. Les services en ligne sont peu nombreux à l’heure actuelle.

Anatomie de l’inefficacité

Je vais vous détailler une requête que j’ai fait récemment pour vous aider à comprendre l’inefficacité d’une requête d’information non informatisée. J’ai besoin de faire des modifications à ma maison et j’ai cru utile d’avoir le plan actuel pour aider l’architecte. Il n’existait aucun plan de la maison, alors je me suis tourné vers la Ville qui en principe les a tous. Je communique alors avec la Ville de Québec. Voici toutes les étapes pour obtenir les données dont j’avais besoin :

  1. Envoi du courriel avec l’adresse de la maison.
  2. On m’a premièrement rappelé par téléphone quelques jours plus tard pour m’indiquer que c’était gratuit, mais je devais payer environ 50 cennes pour les photocopies
  3. La Ville fouille dans ses archives et on me rappelle quelques jours plus tard pour me dire que les photocopies étaient prêtes et elles seraient au poste d’accueil du bureau d’arrondissement.
  4. Je m’y rends, et une enveloppe en mon nom est bel et bien là. La réceptionniste me la donne. Je lui indique que je devais acquitter des frais de télécopies. Elle demande le montant. J’y vais de mémoire et je lui donne un huard (1$). Elle semble frustrée de ça, car elle doit sortir une petite caisse en dessous de son bureau.
  5. Je quitte les lieux, je m’assois dans mon auto et je visionne les photocopies. Je constate qu’elles sont quasiment illisibles, car elles sont foncées, voire même noires, à certains endroits.

Mais, au fond de quoi avais-je réellement besoin? Je voulais juste des fichiers JPEG. L’information est gratuite. Ils auraient pu les numériser et me les retourner par courriel en appuyant le bouton « Reply ». Imaginez le temps sauvé!

Ville 2.0

Si on rêve un peu, pourquoi ne pas offrir les plans de toutes les maisons avec leur outil de recherche du rôle foncier? Ça serait beaucoup moins couteux que le processus décrit plus haut. Toutefois, mes plans dataient de 1977. Je ne m’attendrai jamais que la Ville numérise tous ses anciens plans à l’avance.

Malgré tout, à partir d’aujourd’hui, le fait-elle? Est-ce que les plans des nouvelles constructions sont numérisés ou ils conservent que des plans papier d’architectes? Est-ce que les entrepreneurs peuvent soumettre les plans de façon numérique? Je leur souhaite. Après 400 ans, la Ville aurait intérêt à moderniser ses processus d’affaires.

Un peu comme Vancouver, les tiers qui font affaire avec la Ville régulièrement pourront peut-être un jour soumettre et lire le données <a l’aide de services en ligne.

D’après vous, quel service de la Ville mériterait le plus d’être offert en ligne?

Catégories: Web sémantique, Web transactionnel
Mots-clés: , , , , ,

À propos de l'auteur

Nicolas Roberge
Nicolas Roberge
Président et conseiller stratégique

En plus de diriger Evollia, Nicolas conçoit les solutions d'affaires électroniques pour nos clients. Il les conseille pour leur permettre de mieux bénéficier des technologies émergentes pour accroitre leur compétitivité. En savoir plus

  • http://jonathanboyer.info Jonathan Boyer

    Je me sens très interpellé par ton billet puisque je travaille dans la numérisation de documents actifs.

    Présentement, nous faisons la numérisation en mode archivage (à la fin du processus d’affaires). Prochainement, nous implanterons un système qui numérisera les documents dès leur réception. Les employés de la compagnie devront alors travailler avec des copies électroniques des documents directement sur les serveurs.

    Pour une entreprise de la taille de la Ville de Québec c’est un processus qui prendrait des années à mettre en place mais qui vaudrait Oh combien la peine surtout dans le secteur de l’urbanisme et des permis et qui pourrait grandement améliorer le service aux entrepreneurs et aux propriétaires.

    Si la Ville veut se doter d’un plan numérique, elle devra surtout mettre l’emphase sur les services qui perçoivent les revenus. Autrement dit, les loisirs, arts et culture devraient passer en dernier!

  • http://s.jonquois@libertysurf.fr Stéphane

    Un autre exemple est l’amélioration du processus pour la gestion des travaux et des permis de construire. En effet, dans les villes, les sous-sols sont constellés de canalisations et de câbles en tout genre, électricité, gaz, télécoms sont très communs. Pour cette raison, en Europe, il y a une obligation légale de se renseigner sur les éventuelles équipements qui seraient installés sur une zone de travaux donnée. Ce processus repose sur plusieurs intervenants (commune, fournisseurs elec, gaz, eau,…) et se fait beaucoup par échanges de plans papiers. On voit immédiatement l’intérêt d’une ville 2.0 pour laquelle toutes ces données seraient numérisées, facilement échangeables… et source d’une simplification et d’améliorations significatives de l’efficacité de ces processus. Qu’en est-il au Canada? Des solutions IT sont-elles déjà en place?