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par joebeone

par joebeone

Avez-vous remarqué un choc de générations ces dernières années dans l’industrie des TI? Il me semble que les jeunes dans ce domaine passent leur temps à affronter la génération qui les a précédées. Vous me direz que ce n’est pas limité aux TI, vous avez raison, mais puisque c’est mon domaine, pardonnez-moi cette étroitesse dans ce billet.

Depuis que l’informatique existe, de nouvelles technologies et de nouveaux concepts révolutionnent notre monde. À chaque fois, une confrontation s’en suit. Malgré que ce domaine est censé être accoutumé au changement, il est rare de voir un spécialiste se renouveler. Notre capacité d’assimiler des nouvelles notions diminue avec l’âge. Je le constate moi-même. Mon fils de 4 ans est en mesure d’acquérir des connaissances avec une seule explication. Quand je lis des textes explicatifs, je me perds parfois. J’ai alors besoin de visionner une présentation vidéo pour y saisir les nuances. Ça n’ira pas en s’améliorant à force de le constater.

Pour vous aider à vous aussi de comprendre, voici quelques phénomènes qui ont révolutionné les TI.

L’ordinateur personnel

La première division a été entre celles de l’informatique d’entreprise et personnelle. L’abréviation PC (Personal Computer) signifiait un ordinateur pour la maison. Ceci se differienciait aux ordinateurs centraux ou mini (ex: VAX ou AS400) qui dominaient les grandes corporations et les gouvernements. Cette division perdure à ce jour. Il n’est pas rare de voir des spécialistes d’ordinateur central lire leur courriel une fois par jour (et écrire en majuscules!). Toutefois, les adeptes des ordinateurs centraux sont de moins en moins nombreux. TECHNOcompétences a même produit un rapport assez éloquent à ce sujet.

Les logiciels libres

Sachant que les PC dominaient le marché, des futés ont pensé de créer un système d’exploitation qui utiliserait la même architecture matérielle. Linux est né en 1991 et n’a jamais cessé d’évoluer. On y attribue beaucoup l’essor du web, puisque son faible coût d’acquisition (0$) a permis de l’installer sur des millions de serveurs sur internet. L’idée que le développement d’une technologie est l’affaire de tout de le monde est difficile à comprendre pour un spécialiste d’une technologie propriétaire éprouvée. Ces derniers voient le phénomène avec beaucoup de méfiance. Ils s’imaginent que le logiciel a été développé anarchiquement et peut être abandonné à tout moment. Mais, si on se fie aux finissants des cégeps et universités, le logiciel libre a la cote. Il sera important de voir l’évolution dans les prochaines années à cet égard.

Agile

Le développement de systèmes depuis la nuit des temps a toujours été une affaire de gestion de processus serrés. Les grandes compagnies de consultation en TI, ont développé des méthodologies qui ont fait longtemps des jaloux. Ils étaient maîtres de la gestion du temps, des coûts et de la qualité, mais malheureusement pas toujours de la satisfaction des utilisateurs. Les grands chantiers informatiques perdent parfois leur dimension humaine. Les méthodologies agiles comme Scrum ont adressé ces problématiques à leur manière. La philosophie nombriliste des méthodologies waterfall perd du terrain vis-à-vis l’approche agile qui fait plus de place aux utilisateurs dans le processus de développement de systèmes.

Le web

Le web est probablement le plus grand diviseur. Le web n’a pas juste divisé les informaticiens en deux clans, une seconde industrie s’est créée parallèlement. Le phénomène était trop grand et les TI ont perdu le contrôle sur la destinée du web. Tous les succès du web sont attribuables à de nouveaux joueurs. Les grands joueurs d’autrefois se sont taillé une place malgré tout en achetant des petits startups (ex. : Hotmail par Microsoft). Les technologies les plus utilisées ne sont pas celles des grands joueurs non plus. Les technologies Java, PHP, Perl, Python et Ruby on rails domine le paysage.

La venue de la virtualisation par le nuage (cloud computing) risque d’élargir le fossé encore plus. L’industrie des TI est en mode réaction face à ce phénomène. Il invalide en quelque sorte leur modèle d’affaire qui a fait leur succès. Le cloud fera-t-il Microsoft, Oracle, Novell et IBM les GM et Chrysler de demain?

Que devrions-nous faire?

En conclusion, on peut constater que le changement n’est pas toujours facilement accepté. Mais, que l’on veuille ou non, il est là pour rester. Il est là parce que les gens en ont le besoin. L’adoption générale se fait par nécessité. Si on ne veut pas, en prendre part, c’est louable et c’est un choix personnel. Le changement fait peur et parfois il est difficile à assimiler.

Faut-il alors se ranger et laisser nos prochains prendre les règnes? Si on ne le fait pas, devient-on obligatoirement un empêcheur?

Avez-vous d’autres exemples où les générations s’affrontent en TI? Quelles sont vos solutions pour mieux intégrer les ressources seniors aux nouveautés?

Catégories: Emplois, Infonuagique
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À propos de l'auteur

Nicolas Roberge
Nicolas Roberge
Président et conseiller stratégique

En plus de diriger Evollia, Nicolas conçoit les solutions d'affaires électroniques pour nos clients. Il les conseille pour leur permettre de mieux bénéficier des technologies émergentes pour accroitre leur compétitivité. En savoir plus

  • http://generationagile.blogspot.com/ Bruno Larouche

    Excellente analyse !

    Le monde des TI est train de changer..Ça fait plus 20 ans que j’étudie l’informatique, et jamais aurait pu immaginer quelle serait rendu ici aujourd’hui.

    La seule chose qui est sur pour l’avenir, c’est que « ça va changer » !

    Et j’ai bien l’intension d’y participer à ce changement.

    Je crois, que c’est des gars comme nous, qui essayons de rester ouvert au changement .. qui fera évolué le model des affaires en informatique !

  • http://www.google.com/profiles/climenole Claude LaFrenière aka climenole

    Ce serait intéressant d’analyser ce conflit des générations dans les entreprises et les institutions publiques vs l’adoption des nouvelles technologies …

    La chose avait déjà été faite en ce qui concerne les sciences:

    Einstein et le conflit des générations
    Par Lewis Samuel Feuer
    Traduit par Paul Alexandre
    Collaborateur Serge Moscovici
    Publié par Editions Complexe, 2005
    ISBN 2804800385, 9782804800383
    376 pages

    Lewis Feuer explique qu’il ne se produit pas de ‘révolution scientifique’ (cf T. Kuhn) mais le remplacement d’une génération par une autre suivie par l’adoption du nouveau ‘paradigme’…

    N’y a-t-il pas quelque chose d’analogue pour les entreprises et les institutions publiques?

  • http://www.ovologic.com/ Nicolas Roberge

    @Bruno C’est certain que je ne veux pas faire partie de ceux qui viennent à avoir peur du changement. Je considère que je suis rendu à renouveler mon expertise. Par exemple, j’ai oeuvré plusieurs années dans les technologies de développement Microsoft. Toutefois, ayant fait plusieurs miniprojets dans les technologies libres, je me suis laissé convaincre de leur utilité. J’ai encore beaucoup à apprendre sur ce domaine et je garde l’esprit ouvert. Je suis prêt à quitter ma zone de confort.

    @Claude Très belle analogie. Je viens aussi à cette conclusion. Il est impossible pour la majorité de cette génération de s’adapter aux changements du marché. C’est très apparent puisque tout change si rapidement ces dernières années. Les professionnels seniors en TI se font bousculer considérablement. Il faut se faire à l’idée : l’innovation ne ralentira pas et la seule solution est de s’efforcer à garder l’esprit ouvert.

  • http://www.zinfo.ca Jean-Philippe Blais

    Excellent article fort agréable à lire. Ça fait du bien de voir qu’on est pas seul en marge. Je me reconnais énormément dans ton article. Imaginez, j’ai été 5 ans chez IBM et ils n’ont pas été capable de m’assimiler, je suis probablement trop ouvert pour eux.

  • http://generationagile.blogspot.com/ Bruno Larouche

    Nicolas, je sais que tu es prêt au changement !

    Tu fais partie des gens avec qui je veux le faire ce changement ..!

    Comme tu dit, des gens qui n’ont pas peur d’évoluer hors de leurs zones de confort..

    J’ai souvent travaillé hors de ma fameuse zone de confort..! Et plus souvent qu’autrement, c’est justement dans ce genre de projets que je performe plus ..!

    Comme je dit souvent, j’apporte le changement et je le fait .!

    Et j’ai le plaisir de le faire avec toi Nicolas, et des gens comme nous ..!

  • http://www.mieuxconnaitre.com Thoma Daneau

    Effectivement, c’est une bataille des générations qui existent depuis toujours j’imagine. Étant jeune moi-même, 23 ans, je peux dire qu’il existe vraiment un fosset.

    Nous avons grandi avec Internet, google et les msn. Tandis que si je regarde ma mère qui ne touche pas à un ordinateur et ne sais pas ce qu’est Internet vraiment. Je me dit que je n’aimerais pas travailler avec. Lorsque l’emploi n’oblige pas à utiliser un ordinateur, j’ai l’impression que les gens ne prennent que trop rarement le temps d’en ouvrir un et de « jouer » dessus.

    C’est la résistance aux changements qui va venir s’installer si on pousse ces technologies.

    C’est la première fois que j’entend parler de logiciel libre pour le choc des générations et je trouve cela vrai. Nous sommes habitués à essayer de trouver gratuitement (légalement si possible) le logiciel qu’on recherche qui nous simplifera la vie. Même si je ne crois pas encore que Linux est entré véritablement Mainstream, je nous souhaite par économie de coût que cela puisse arriver.

    Je suis toujours content de voir des personnes qui sont prêts à voir le changement arriver et qu’il l’attende avec impatience. Je suis encore jeune, mais je trouve que chaque jour est une nouvelle aventure sur Internet…

    La beauté de la technologie c’est que.. on sait jamais ce qui va arriver, mais on sait que ce sera encore plus gros et mieux que l’ancien.

  • http://lookingformywayout.blogspot.com/ Pier-Olivier Thibault

    Relativement d’accord avec les Microsoft, Oracle, Sun, IBM. C’est la culture d’entreprise des TI qui est en changement. La différence entre les grandes entreprises et les free-lancers ou nouveaux joueurs comme tu le dis dans ton billet sont causés par les méthodes de mises en marché. Les nouveaux joueurs ont besoin d’une popularité rapide et donc, ils ouvrent leur projet aux critiques rapidement en sortant une version beta qui frôle l’Alpha.

    Ainsi, les early-adopters permettent à la startup d’évoluer avec une constante rétro-action de ses usagers. Les grandes entreprises vont plus aller dans la direction de la stabilité et de la lourdeur administrative…

    Les grosses entreprises ne sont peut-être pas les leaders que l’on croyait…

  • http://www.pariscommunication.com Vincent

    Le choc générationel des technologies repose selon moi principalement sur la résistance d’un groupe cible à adopter quelque chose qu’ils n’ont pas créer : les boomers et le web. Je connais des personnes âgées de plus de 65 ans, qui ont plus de facilité que les 45 – 60 ans à adopter et s’intéresser au web. La génération « révolutionnaire » des baby bommer ont refusée de s’intéresser aux technologies et ont une résistance psychologique forte face à l’informatique. Il va falloir être patient, les boomers vont paver les rangs décisionnels encore pour 15 ans. Le changement est inévitable.

  • http://www.ovologic.com/ Nicolas Roberge

    Effectivement, je vois plus d’ouverture de la part des personnes plus âgés que des baby-boomers ou même certains de la génération X. Bon point. Mais, comme je disais dans mon billet, bizarrement ça s’étend à d’autres domaines que l’informatique ou les technologies.

    Pensez juste au code vestimentaire au travail. Les Gen Y et encore moins les Gen C ou Z ne veulent rien savoir de la cravatte et du veston. C’est associé à une autre génération. Là dessus il y a beaucoup de confrontation. J’en sais quelque chose, j’ai travaillé pour CGI pendant 5 ans!