L’égocasting est un terme inventé par l’auteur Christine Rosen en 2005 pour désigner le phénomène des individus sur les réseaux sociaux qui partagent tous les petits moments plus ou moins intéressants de leur vie à qui veut bien l’entendre. D’ailleurs, mon ami Pierre Fraser a écrit un livre à ce sujet qui sera disponible à compter du 1er mars que je vous invite à découvrir.
Pierre était en entrevue avec Isabelle Maréchal au 98,5 FM de Montréal ce matin pour présenter son livre et vulgariser ses observations sur ce phénomène social. En l’écoutant, j’ai eu envie d’ajouter mon grain de sel et d’ajouter ma voix. En tant qu’égocaster, comment pourrais-je m’empêcher?
L’égocaster cherche de la reconnaissance et se satisfait de son rayonnement sur les réseaux sociaux. Je suis pleinement d’accord avec ça. Peu de blogueurs diront qu’ils écrivent pour eux-mêmes. Ils écrivent pour être lus. Lorsqu’ils constatent un nombre élevé de commentaires sur un billet de blogue, ils s’en abreuvent. Comme c’est dit dans l’entrevue, c’est un besoin vieux comme le monde, celui de chercher la reconnaissance.
L’égocasting est rendu possible depuis peu. Ce sont les nouveaux outils web 2.0 tels que le blogue et les réseaux sociaux qui permettent ça. Auparavant, pour être lu, vu ou écouté, on devait être un écrivain, un journaliste, un animateur radio ou une personnalité de télévision. Il fallait être un broadcaster, soit un club sélect qui est composé de très peu d’élus dans les médias de masse.
L’angle que je voulais apporter sur ce phénomène est le suivant. Est-ce qu’on peut observer le même phénomène du « je, me, moi » dans les médias de masse? Je crois que oui. Je conviens que certains broadcasters ne peuvent pas parler d’eux-mêmes dans leur propre média, mais je doute fort qu’ils ne ressentent aucun plaisir d’avoir cette tribune. Un peu comme les égocasters, ils doivent se nourrir des statistiques de leur portée (auditoire, tirage, courriels de rétroaction, etc.). Si ce n’est pas dans leur propre tribune, leur vedettariat serait la récompense pour leur égo. On n’a rien qu’à constater la difficulté des gens dans les médias à prendre leur retraite. Le retour à l’anonymat semble être un châtiment pour leur égo.
Pour conclure, est-ce que ce phénomène est inévitable? Je crois que oui. On a donné un micro à tous les citoyens avec le web social. C’est possiblement un besoin primaire de partager sa vie. Si je regarde mes propres enfants, ils ont souvent des mises à jour à me donner sur les nouveautés de leur vie. C’est souvent des évènements anodins. S’ils étaient sur Facebook, ils mettraient à jour leur statut au 10 minutes.
Je les aime mes enfants et ça m’intéresse ce qu’ils vivent. Ça sera le cas tout ma vie. Le jour qu’ils deviendront un égocaster dans les médias sociaux, je serai leur premier fan. C’est pour cette raison que je ne crois pas que la société est en déroute comme plusieurs semblent avancer. L’égocaster a un public s’il est pertinent et surtout s’il est aimé. Où est le mal là-dedans?
Sur ce, j’espère que vous serez nombreux à lire ce billet et à le commenter.

Très bon billet Nicolas et mon commentaire va être très simple car je suis du même avis que toi ; il n’y a rien de mal à ça et ça fait partie du mode de vie d’aujourd’hui , alors adaptons nous à cette nouvelle manière de faire et pour le mieux , si nous avons un public et que nous sommes pertinent alors pourquoi pas .
Un seul point m’accroche dans tout cela.Quand tu dis « L’égocaster a un public s’il est pertinent et surtout s’il est aimé. », j’ai peur d’un égocasteur qui mesure l’amour qu’il reçoit au public qui le suit, ou pire encore au nombre de commentaires qui se trouvent sur son blogue… Peut-être une autre piste de réflexion…
T’as un bon point. Mais je crois que oui le egocaster peut confondre sa popularité comme une mesure de l’amour qu’on porte pour lui. Tout comme le broadcaster qui tombe dans le même piège. Comment de fois on a entendu: « J’ai mon public et mon public m’aime. »
Très intéressant. Ça explique bien le phénomène de recherche de popularité, que ce soit à travers un blog, en participant à une télé-réalité, en travaillant fort pour avoir un diplôme bien coté… Ça a toujours existé, mais les outils ont changé.
Ce qui a peut-être le plus changé, c’est la facilité à s’exprimer et à s’exposer devant des milliers de personnes. Trouver le bon public, par contre, est encore difficile. C’est plus facile ces jours-ci parce que c’est à la mode et que ceux qui s’expriment sont encore relativement peu nombreux par rapport aux lecteurs. Je pense que dans 5 ou 10 ans, quand plusieurs seront tannés de lire du contenu non significatif, les egocasters retomberont un peu dans l’oubli. Resteront leur public fidèle : amis et famille.