Retour sur la conférence ConFoo

Le ConFoo 2010 a eu lieu au Hilton Bonaventure (photo par caribb)

J’ai assisté aux trois jours de la première édition de la Conférence ConFoo qui a eu lieu à Montréal la semaine passée. Je me suis surtout attardé aux conférences qui ciblaient davantage d’intégration de système, le cloud computing et les environnements à haute disponibilité. Aussi, ça m’a permis de mieux comprendre et apprécier la popularité grandissante du language Python pour le développement d’applications web.

J’ai apprécié en général les formations, mais j’ai moins aimé que certaines sessions ressemblaient davantage à de la formation classique plutôt que des présentations ou conférences. La plupart des démos de code étaient ennuyantes et ralentissaient le débit. Toutefois, on m’a dit que plusieurs participants venaient pour ça.

Pour ma part, je préfère approfondir moi-même la technique et profiter de ces rassemblements en personne pour comprendre le « big idea » derrière ces concepts grâce un vulgarisateur expert.

Je vais revenir prochainement sur quelques séances que j’ai plutôt aimées dans d’autres billets.

D’ici là, je vous invite à visionner une entrevue que j’ai accordée à Christian Aubry sur Ovologic et certaines observations que j’ai faites sur le premier keynote sur le HTML5 par Mark Pilgrim de Google.

Faire peur aux gens

Est-ce qu’on vous a déjà servi des phrases-chocs comme : « si vous faites ça, vous allez rendre le système instable » ou « Si vous mettez ça sur internet, on va vous pirater! » ? Ce sont des remarques qui font peur. Est-ce toujours vrai? Est-ce toute la vérité? Posons-nous la question.

L’informatique est depuis longtemps une affaire de « nerds ». Les ordinateurs ont toujours exigé une grande imagination pour les apprécier avant la venue des systèmes d’exploitation fenêtrés comme ceux de Macintosh d’Apple et Windows de Microsoft,

C’est complexe l’informatique, même pour les informaticiens

L’utilisateur et l’informaticien sont souvent sur deux planètes. L’informaticien a une longueur d’avance avec sa compréhension de la « bête ». On doit lui faire confiance. Tout comme le médecin et l’avocat. Il a une profession qui exige une formation pointue, car l’informatique pure est difficile à maitriser.

Mais, contrairement à la médecine et le droit, il est possible de complexifier l’informatique au point de déboussoler ses pairs. Il existe de bonnes pratiques de faire les choses, mais très peu de professionnels les adoptent. Par contre, même si ces pratiques sont suivies et documentées, il y a toujours un seuil de complexité qui peut, de prime abord, nuire et ralentir au transfert de connaissances à un autre professionnel.

En tenant compte de ses contraintes, les informaticiens adoptent des comportements curieux pour éviter de paraitre incompétents. Servir des histoires de peur est une très bonne façon de conserver le contrôle pour eux.

Pourquoi ces histoires de peur?

Je vous ai expliqué que c’est difficile même pour l’informaticien de comprendre et se mettre à sa main le travail fait par ses pairs. Il est aussi très difficile pour lui de rester à jour et d’acquérir de nouvelles connaissances. Il doit remettre en question ce qu’il a appris et douter de ses manières de faire depuis des années.

C’est un des rares domaines que le professionnel qui exige de parfaire aussi souvent ses connaissances. La réaction humaine classique est celle de la résistance au changement. La méthode employée la plus souvent pour dénigrer les nouveautés est le discours apocalyptique.

Je ne crois pas que ces personnes sont foncièrement mal intentionnées. Ils sont toutefois intéressés. Ils ne veulent pas s’avouer à eux-mêmes qu’elles doivent s’instruire à nouveau. Ils ne veulent pas paraitre fous ou ignorants. Ils adoptent alors une attitude très négative envers les changements dans l’industrie.

Pour construire leur argumentaire, ils vont utiliser des exemples hors contexte. Ils vont parler de projets désastreux sans avoir de références, ils vont mentionner des couts théoriques qui sont incompréhensibles pour la plupart des utilisateurs. Les utilisateurs vont sagement écouter leur informaticien de confiance et rester au statuquo.

Le cloud est terrifiant?

Je fais face à ce genre d’invidus à cause de mon offre de service novatrice en cloud computing. Je crois que l’informatique doit être un service consommable comme un l’électricité ou le téléphone. C’est que j’appelle l’ère industrielle des TIC. La perte de contrôle qu’amène le cloud computing aux informaticiens les rend inquiets. Je ne dis pas que leur argumentaire est complètement non fondé, mais il faut juger des bénéfices obtenus versus les contraintes amenées par ce modèle.

Obtenir des avis externes

Je vous conseille d’aller chercher des avis externes quand il vient le temps de faire évoluer vos systèmes. On le fait en médecine, faisons-le en technologies de l’information?

Intéressez-vous à vos TI et informez-vous. C’est la meilleure façon d’éviter de se faire endormir.

Twitter passe du temps avec moi

On me demande souvent : « Comment fais-tu pour tweeter autant dans une journée? » La réponse est simple : Twitter est le réseau social le plus accessible de tous. Il est multiplateforme. Il est accessible d’abord par son site web, par des applications à interfaces graphiques sur mon ordinateur et surtout par mon BlackBerry. Il est même accessible à travers tous les outils imaginables (courriel, Skype, MSN, GTalk, etc.) à l’aide de services ingénieux comme Ping.fm. Aussi, très récemment Foursquare me permet d’indiquer très rapidement ma présence dans un lieu physique (plus besoin de l’écrire).

J’écris sur Twitter constamment. Ce n’est pas long écrire des commentaires de 140 caractères. Quand j’ai une idée en tête, je l’écris là-dessus. Je suis comme ça dans la vie. Je parle beaucoup. Je partage souvent mon avis. J’ai toujours une opinion sur tout. J’ai une grande gueule comme on dit.

Ce qui prend plus de temps, c’est la conversation. Ça, je le fais moins souvent bien entendu. Je le fais parfois le jour pour aider quelqu’un lorsque je prends une pause pour regarder en diagonale ce qui se dit. Ou bien lorsque j’ai besoin d’aide et j’interagis avec ceux qui m’ont proposé gentiment des solutions.

Souvent mes meilleures conversations sont le soir après que les enfants sont couchés. Je ne regarde plus la télévision. Le temps que je passais à regarder la télé est replacé par du temps sur le web avec mon portable sur mes genoux dans mon fauteuil du salon. Je manque même mes émissions préférées. La venue des TOU.TV et de la richesse de YouTube me permettent de revoir les faits saillants que j’aurais manqué.

Aussi, beaucoup de ma correspondance d’affaires se passe là-dessus en messages privés. Parfois, je n’ai pas le numéro de téléphone, ni le courriel de certains de mes clients et fournisseurs.

Donc, il est inexact de dire que je passe beaucoup de temps sur Twitter. C’est plutôt Twitter qui passe beaucoup de temps avec moi.

Sans routes, pas de commerce

Je loge dans un hôtel. Un hôtel qui se vante d’offrir « Un accès Internet haute-vitesse sans-fil ». Contrairement, à une remarque du genre « Le meilleur resto en ville », l’internet, ça se mesure. Ça se mesure très bien comme vous pouvez voir dans les résultats ci-dessous.

Speedtest au Nouvel Hôtel, Montréa

Mon voyage à Montréal a commencé par l’indisponibilité du wifi dans mon wagon Via Rail. Étrangement, le wifi était disponible uniquement dans le wagon de tête de première classe. Ensuite, j’ai découvert le wifi atroce et instable au Nouvel Hôtel où je loge. La conférence ConFoo reçoit des centaines de programmeurs armés d’ordinateur portable et d’appareils se branchant au tout petit réseau wifi du Hilton Bonaventure.

J’ai réussi à voir une connexion satisfaisante chez mon frère à Lachine. C’est complètement ridicule. C’est chez lui que j’ai pu accomplir des tâches administratives reliées à mon travail pour éviter un retard.

Je conseille les entreprises à déplacer leurs systèmes informatiques sur des infrastructures industrielles en ligne dans le nuage ou le cloud. Le talon d’Achille du cloud computing est bel et bien l’accès à internet haute vitesse.

Le commerce au détail, on a besoin des routes pour faire circuler les camions de marchandise. S’il n’y a pas de route, les prix à la consommation augmentent et la disponibilité est déficiente. L’exemple le plus frappant est les régions nordiques de ma province du Québec. Les produits essentiels sont transportés à grands frais par avion.

L’accès aux services de qualité en ligne doit se faire avec des routes de qualité. Les routes sur internet sont la bande passante. Les trains et les hôtels qui ciblent les gens d’affaires ont intérêt à prendre au sérieux ce service qui devient de plus en plus un critère de sélection.

Le manque de sérieux qui est accordé à l’accès à la bande passante de qualité nuit malheureusement à l’offre au cloud computing. Heureusement, nous avons le pouvoir d’exiger un accès de qualité dans votre lieu de travail. Dieu merci!

Suivi

Mise à jour 2010-03-11 : Ce soir la connexion est beaucoup meilleur au Nouvel Hôtel. Voici un test exécuté en début de soirée.

Speedtest au Nouvel Hôtel, Montréal 2010-03-11