La langue française se surpasse : infonuagique

J’appréhendais un événement inévitable : la francisation de l’expression « cloud computing ». Les bien-pensants de notre langue française au Québec ne pouvaient pas laisser un terme anglophone polluer nos écrits. Il fallait agir vite! Le résultat : infonuagique.

C’est un amalgame des mots informatique et nuage. Voici la description extraite du Grand dictionnaire terminologique de l’Office de la langue française :

Modèle informatique qui, par l’entremise de serveurs distants interconnectés par Internet, permet un accès réseau, à la demande, à un bassin partagé de ressources informatiques configurables, externalisées et non localisables, qui sont proposées sous forme de services, évolutifs, adaptables dynamiquement et facturés à l’utilisation.

Si le terme vous horripile, l’Office accepte ces autres synonymes :

  • informatique intranuage n. f.
  • informatique nuagière n. f.
  • nuage informatique n. m.
  • informatique en nuage n. f.

Les termes qui n’ont pas été retenus :

  • informatique dans le nuage
  • informatique dans les nuages

J’avais énormément de difficulté avec le mot « courriel », mais je me suis habitué avec le temps. Je n’ai toutefois jamais intégré le mot « clavardage » dans mon vocabulaire.

Je vais probablement utiliser davantage les expressions « nuage informatique » et « informatique en nuage » qui ressemble beaucoup plus à l’expression « cloud computing ». Au fond, les anglophones n’ont pas créé de nouveaux mots, ils n’ont qu’ajouté un adjectif au nom commun « computing ». Évitons de se casser la tête!

11 réflexions au sujet de « La langue française se surpasse : infonuagique »

  1. Je trouve que le mot infonuagique est une création plutôt intéressante. C’est court (un seul mot), on devine facilement de quoi il s’agit. C’est aussi un adjectif (les services dans le nuage ou dans le cloud, c’est horrible). Les services infonuagiques, c’est presque de la poésie. Quant à l’informatique en nuage, ça m’a toujours semblé bizarre comme expression.

  2. Je comprends mal en quoi sa ressemblance avec « info-magique » fait d’ »infonuagique » un mot inapproprié qu’on doit rejeter à tout prix et pour cette raison (faible argumentation). Une fois le choc de la nouveauté passé, on répète le mot plusieurs fois de façon convaincue et il devient peu à peu familier. ;0)

  3. Je préfère également la formule anglophone « informatique en nuage ». Il y a une limite à inventer des mots pour satisfaire cette manie de francisation, sur-francisée.

    On peut au moins contester à l’usage.

  4. Le problème de l’OQLF est qu’il utilise son pouvoir officiel conféré par l’Assemblée nationale pour faire passer des mots spécialisés dans le lexique général des québécois en les faisant passer pour la norme. La preuve de ce que j’avance est qu’ils ont même le culot de proposer des termes dérivés dans certains cas..

    C’est symptomatique du fait que l’OQLF embauche plus de terminologues (des traducteurs qui ont une formation sur le français normatif) plutôt que des linguistes qui ont une compréhension et une perspective beaucoup plus large de la langue.

  5. Un autre dans la même veine :

    Middleware devient intergiciel ! Même mon browser n’aime pas ce mot et me dit que je suis dans le champs…

  6. Et bien moi je trouve que c’est un mot intéressant «infonuagique». Et je suis d’avis également que les langues se doivent de se renouveler à travers le temps. Le français n’est plus ce qu’il était par le passé et ce qu’on connait aujourd’hui du français ne sera plus pareil dans le futur.

    Je déteste par exemple qu’en Italie ou en France, on traduise de manière sonore les mots anglophones appartenant à l’univers informatique. Entendre des Italiens et même des Français dire «computer» et «software», ça me donne mal au coeur. Je préfère de loin que l’on tente de s’approprier un mot de langue étrangère en lui trouvant une sonorité qui lui est propre en français plutôt que de «brutaliser» les mots en anglais.

    Personnellement, j’aime cent fois mieux le mot «courriel» que «Mel» ou «iMel», franchement ce dernière ne veut absolument rien dire.

    Toutefois, je comprends que les professionnels dans le domaine informatique, souvent plus cartésiens, se contenteraient d’utiliser les termes anglophones ou une traduction littérale plutôt que d’innover en créant de manière plus imaginative voire «poétique» un nouveau mot.

    Moi Nicolas, je suis pour «clavardage», après tout ça dérive de «clavier» et «bavardage», alors que «chat» pour un francophone c’est un animal à quatre patte plein de «pouel»! On a beau le dire avec un accent anglais à mon avis ça sonne faux… autant faire comme les Français alors et garder la sonorité tout en changeant les lettres du mot «Tchat»! (Le mot féminin tchatche, emprunté au français d’Afrique du Nord et de France, s’est répandu spontanément, en Europe, ainsi que ses dérivés : « tchatcher » et « tchatcheur ». – Wikipédia) Je ne veux surtout pas être une tchatcheuse! ;o)

  7. Ce sont des bons points Nicole, mais je ne comprends pas pourquoi on s’est efforcé d’inventer un nouveau mot. En anglais, c’est « cloud computing ». Ils n’utilisent pas « cloudputing ». L’informatique en nuage me paraissait la meilleure option d’après moi.

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