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Au début du mois d’août, l’équipe de travail du député Henri-François Gautrin a lancé un portail pour recueillir les idées des internautes sur sa stratégie web 2.0, la gouvernance ouverte, les données ouvertes et d’autres sujets reliés à sa présence web. Depuis le lancement, plus de 90 idées ont été soumises et les internautes ont pu voter pour ou contre chacune d’entre elles. Chaque idée peut être commentée et ainsi bonifiée.

À ce jour, 4 sont en examen et 16 sont rendues en traitement pour recueillir davantage de commentaires constructifs pour les définir davantage. Ceci servira à les inclure dans le rapport final qui sera remis en décembre au premier ministre Jean Charest. Je suis heureux de voir que de bonnes idées telles que les suivantes y sont :

J’ai soumis une idée pour produire un tableau de bord des grands chantiers informatiques au gouvernement du Québec (inspiré du IT Dashboard du CIO des États-Unis). J’ai aussi été inspiré par l’actualité et j’ai proposé une carte interactive de l’état des structures routières sous la responsabilité du Ministère des Transports. Quand on parle de gouvernement ouvert, on sous-entend transparence. La publication de l’état sécuritaire ou non des structures routières permettrait de prouver les dires des porte-parole du gouvernement. Si ce n’est pas le cas, les citoyens ont le droit de savoir quelles structures sont précaires pour les éviter en toute connaissance de cause.

Toutefois, je constate qu’une bonne proportion des commentaires sont des critiques peu constructives. On peut critiquer l’état, mais il ne faut jamais oublier que l’état c’est « nous » et ce n’est pas « eux ». Si on n’est pas content, c’est notre devoir d’agir pour la changer : voter, proposer, communiquer ou s’impliquer. On vit malheureusement dans une société de plaignards et ce portail en fait état comme partout ailleurs. Mais, heureusement les gens ont voté pour les meilleures idées et ces dernières sont sorties du lot. Je vous encourage de vous approprier de cette opportunité unique et de faire valoir vos meilleures idées dans le but de faire avancer notre collectivité.

Du SaaS au gouvernement !

Je salue le fait qu’ils ont opté pour une solution SaaS en ligne pour faire le travail (IdeaScale). Cette initiative a une durée limitée dans le temps et l’utilisation d’une plateforme existante et déjà déployée sur le web a permis des économies substantielles. La solution n’est pas parfaite. Une solution multilingue destinée au marché international ne pourra jamais satisfaire tous les caprices de chacun. Quand on choisit une solution, il faut toujours évaluer les coûts versus les bénéfices. Même si le gouvernement gère des budgets immenses, cela ne justifie pas de payer trop cher pour une solution quelconque. IdeaScale a été considéré, dit-on, en grande partie car elle avait été utilisée dans une consultation populaire sur le web par le gouvernement Obama.

Catégories: Médias sociaux, Web sémantique, Web transactionnel
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À propos de l'auteur

Nicolas Roberge
Nicolas Roberge
Président et conseiller stratégique

En plus de diriger Evollia, Nicolas conçoit les solutions d'affaires électroniques pour nos clients. Il les conseille pour leur permettre de mieux bénéficier des technologies émergentes pour accroitre leur compétitivité. En savoir plus

  • Joé Bussière

    À noter qu’à partir de l’an prochain, une telle plateforme ne respectant pas les nouvelles normes d’accessibilité web du gouvernement du Québec ne pourra être utilisée.

    Le choix de la plateforme devra alors tenir compte de ces critères.

  • http://www.ovologic.com/ Nicolas Roberge

    Est-ce la plateforme qui ne le respecte pas ou son thème HTML/CSS? Il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Je comprends l’importance de l’accessibilité pour standardiser le web pour tous les fureteurs, mais je m’inquiète que les futurs projets web vont devenir ridiculement chers. Leur coût de réalisation risque alors de dépasser leur bénéfice (trafic, utilité). C’est dommage, car je doute qu’on fasse justement moins de sites à cause de ces nouvelles contraintes.

  • http://www.about.me/dboudreau Denis Boudreau

    C’est une bonne question. Il y a la plateforme et ce que l’on fait avec…

    Ceci étant dit, on ne fait pas d’accessibilté pour standardiser le web pour tous les fureteurs. On le fait pour assurer un accès équitable à l’information pour tous les utilisateurs, indépendamment de leurs limitations ou de leurs handicaps.

    Il ne faut pas s’inquiter des coûts supplémentaires qu’entraineraient les obligations gouvernementales d’accessibilité car ils seront peu élevés. Ce dont il faut s’inquiéter, c’est le manque de connaissances en accessibilité des intervenants qui mettront ces plateformes en place. Car si la compétence coûte cher, l’incompétence coûte plus cher encore, c’est bien connu.

    Que l’on investisse des sommes un peu plus importantes pour assurer la pleine inclusion et la participation citoyenne de tous et toutes est parfaitement justifié dans une société comme la nôtre qui se targue d’être inclusive. Comment peut-on, lorsqu’on comprend réellement les enjeux de l’accessibilité et l’importance que prend le Web dans nos vies, accepter que les personnes handicapées et les populations vieillissantes en soient privées et par le fait même, traitées comme des citoyens de seconde classe?

    Ce ne seront pas les sommes investies en accessibilité à proprement parler qui coûteront cher à l’État. Ce seront les sommes gaspillées dans des initiatives mal ciblées, avec des intervenants plus ou moins en contrôle de leurs moyens qui tenteront de mettre en place des environnements accessibles en suivant des directives floues de la part de patrons mal avisés avec des outils peu ou pas adaptés aux intentions des organisations et aux attentes du conseil du trésor.

    Quiconque a pris connaissance des obligations gouvernementales SGQRI 008 sur les sites Web existants sait très bien que ce qui est demandé des ministères et organismes assujetis est tout à fait raisonnable. Il ne s’agit en fait que de formaliser le recours à des bonnes pratiques convenues dpeusi des années parl ‘industrie, mais qui tardent à être appliquées par manque de sensibilisation et de compréhension. Et quiconque prend au sérieux la démarche d’accessibilité en l’intégrant en amont de sa chaîne de production avec des intervenants correctement formés et compétents pourra en contrôler les coûts de manière significative.

    Si les ministères et organismes font l’effort honnête de bien déterminer dans quels budgets doivent être attribués les efforts mis en place, ils se rendront compte que ce ne sera pas l’accessibilté qui leur coûtera le plus cher, mais tout ce qu’ils voudront mettre en place lors de leur prochaine refonte (certes, potentiellement motivée par les obligations d’accessibilité), mais qui déborde largement du cadre normatif des standards d’accessibilité eux-mêmes.

    L’accessibilité peut certainement avoir le dos très large et on en profite généralement pour y passer tote sorte de choses… Je le constate dans la plupart des organisations (gouvernementales ou autres) avec lesquelles je collabore.

    Qu’est-ce qui coûte le plus cher? Rendre le site d’une organisation accessible, ou insister pour en maintenir des dizaines pour une même organisation? Rendre un site accessible, ou maintenir en place des milleirs de dollars d’infrastructure pour répondre aux besoins connexes qui ne peuvent être comblés par le site Web, faute d’accessibilité? Pourquoi ne pas profiter des obligations gouvernementales pour faire un grand ménage dans les centaines de sites Web gouvernementaux pour en fermer plusieurs? C’est l’occasion de rapatrier les informations réellement importantes dans des « super portails », accessibles et mieux pensés.

    Non, ce n’est pas l’accessiiblité qui coûtera cher à l’État. C’est d’abord et avant tout le manque de cohésion au niveau de l’architecture. Toute organisation qui dépensera plus de 2 à 5% de son budget global pour rendre son site conforme à l’accessibilité aura été mal servi ou conseillé. Et si on multiplie ces sommes par autant de sites Web qui auraient pu être fusionnés, on commence à comprendre pourquoi la facture risque malgré tout d’être salée.

    Mais de là à dire que c’est la faute de l’accessibilité, il y a un pas qu’il ne faudrait tout de même pas franchir. Et si demain, nous devenions handicapés nous-mêmes? Si, en vieillissant, nosus réalisions que nous sommes progressivement mis de côté par les technologies de l’information? Si le Web NOUS fermait ses portes? Ce serait encore considéré comme une dépense qui relève d’un luxe, ou plutôt d’un service essentiel?

    • http://www.ovologic.com/ Nicolas Roberge

      Merci pour ces lumières. Ça me rassure! Bon point sur la trop grande quantité de sites gouvernementaux. L’architecture d’information n’est pas conçue pour répondre aux interrogations des citoyens, mais plutôt de reproduire la complexe structure administrative de l’état sur le web.

  • http://rym.waglo.com/ Robin Millette

    Merci pour ce rappel Nicolas.

    Tu écris «Une solution multilingue destinée au marché international ne pourra jamais satisfaire tous les caprices de chacun.» C’est normal qu’en utilisant ce langage (caprices) que la balance n’ira pas de ce côté.

    Tu dis aussi «Mais, heureusement les gens ont voté pour les meilleures idées et ces dernières sont sorties du lot.» Si on regarde de plus près, il faut se demander si les idées populaires sont aussi les meilleures et s’interroger sur les mécanismes d’affichage des idées.

    Depuis le début, je tiens à jour un graphique du taux de la participation à la consultation Gautrin et on remarque un plafonnement de la participation. J’espère que ton billet en inspirera d’autres à participer et aux «anciens» de revenir.

    Quant à l’accessibilité, j’ai proposé cette idée sur le site de la consultation:
    Tenir compte de l’accessibilité des plateformes tierces

  • http://webyboom.canalblog.com/ Olivier Nourry

    Bonjour,

    j’adhère totalement avec les réflexions de Denis Boudreau. L’égalité de traitement entre citoyens ne devrait pas être négligée pour de strictes raisons de coût, au moins dans le principe. Or c’est bien l’enjeu central de l’accessibilité, en général, et celle du web en l’occurrence.
    En parlant uniquement des coûts de l’accessibilité on omet souvent de parler de ses bénéfices (focus remis sur l’utilisateur, amenant souvent une meilleure architecture de l’information; qualité de code permettant une meilleure interopérabilité, et une plus grande facilité de maintenance; impact positif sur le référencement; j’en passe…), qui sont réels quoique parfois difficiles à mesurer objectivement.
    Par ailleurs, ce qui est très peu abordé en général, est le coût de la non-accessibilité. Quelle perte économique engendre la mise à l’écart d’une frange de la population aussi vaste que celle des personnes en situation de handicap? Récemment j’assistais à une conférence où l’on estimait que 35% du PIB mondial du futur dépendait du niveau d’accessibilité des moyens d’éducation… Énorme!
    Petit aparté, car c’est une de mes démangeaisons favorites: parler de « contraintes d’accessibilité » est généralement un contresens. On ne parle jamais de « contraintes d’orthographe » par exemple. Or, qu’est-ce que l’orthographe, si ce n’est un ensemble de bonnes pratiques standardisées permettant d’être intelligible pour le plus grand nombre? Pour moi, l’accessibilité, c’est l’orthographe du web…

  • http://www.consultationgautrinweb2.gouv.qc.ca Équipe Gautrin 2.0

    Bonjour,

    Lors des préparatifs techniques en vue du lancement de la consultation publique, IdeaScale promettait bien des réponses à nos besoins immédiats compte tenu nos moyens limités et le peu de temps mis à notre disposition.

    Après maintes réflexions, nous en sommes venus à la conclusion que la plateforme IdeaScale, malgré le fait qu’elle soit étrangère, présentait les meilleures options considérant le projet à mettre en place et le délai à notre disposition.

    Ce choix fait également partie de l’expérience que nous voulions faire : opter rapidement pour un type de plateforme 2.0 malgré des contraintes financières. Nous sommes tout à fait conscients des limitations au niveau de l’accessibilité considérant les standards actuels du gouvernement. Il ne s’agit pas d’un manque de sensibilité à cet égard.

    Lire notre article Facebook à ce sujet :

    http://www.facebook.com/notes/consultation-publique-gautrin-web-20/le-choix-dideascale-et-la-question-daccessibilit%C3%A9/235930773119291

    Équipe Gautrin 2.0

  • http://www.about.me/dboudreau Denis Boudreau

    Merci pour cette intervention et toutes mes excuses à Nicolas de faire dévier la discussion hors des sujets initiaux.

    Il ne s’agit pas ici de démoniser une plateforme et encore moins ceux qui l’utilisent. Si certains insinuent une telle chose en coulisse, je m’empresse de me dissocier de leurs propos car je ne partage pas cet avis. Aucune plateforme n’est parfaite et bien franchement, vous auriez voulu prendre la plus accessible, il y aurait encore eu des obstacles significatifs pour l’accessibilité et certains auraient tout de même trouvé des choses à redire. Il est difficile de plaire à tout le monde.

    L’important à mon sens (et cela n’engage que moi), c’est que vous soyez conscients de ces limites et preniez des actions concrètes pour les minimiser. Compte tenu des directives obligatoires du Conseil du trésor (SGQRI 008) certes, mais surtout par rapport à l’obligation morale de permettre à tous et toutes de se prononcer sur les enjeux sociaux majeurs qui sont soulevés dans cette consultation.

    Une petite analyse des plateformes disponibles pour choisir la « moins pire » au niveau de l’accessiiblité aurait certainement été une très bonne idée, surtout considérant les obligations gouvernementales… Tous s’entendront probablement pour dire que de telles initiatives de consultation publique devraient donner l’exemple. Mais il faut demeurer pragmatiques et laisser la chance aux organisations de s’améliorer.

    Connaissant les limites actuelles et en fonction de votre sensibilté à la question, y a t-il une volonté de la part de votre organisation pour améliorer l’accessibilité de la plateforme retenue? Certains aménagements seraient tout de même possibles. Permettez-moi de vous rappeler bien respectueusement que les dispositions transitoires des standards prévoient tout de même un minimum de choses à mettre en place pour les sites Web existants

    Il va sans dire qu’une amélioration de l’accessibilité de cette plateforme serait un grand pas vers l’avant pour l’inclusion des personnes handicapées qui souhaiteraient participer à cette consultation et qui ne le peuvent pas actuellement par faute d’adaptation.

    Maintenant que vore équipe est sensibilisée au problème et consciente des obligations qui prévalent, votre équipe entend t-elle prendre des actions concrètes pour améliorer l’accessibilité de la plateforme afin de faire de cette consultation publique un véritable outil de consultation pour tous les citoyens et citoyennes du Québec?

  • http://www.consultationgautrinweb2.gouv.qc.ca Équipe Gautrin 2.0

    Bonjour M. Boudreau,

    La plateforme IdeaScale peut ne pas se conformer aux normes d’accessibilité du Standard sur l’accessibilité d’un site Web (SGQRI 008-01).

    Étant donné que nous ne sommes pas propriétaires de la plateforme, en cas de difficulté d’utilisation, nous invitons les gens à communiquer directement avec nous pour les aider à se joindre à la consultation : http://www.consultationgautrinweb2.gouv.qc.ca/a/pages/politique-accessibilite

    Si vous avez d’autres questions ou des suggestions à nous faire à ce sujet, n’hésitez pas à communiquer avec nous directement par courriel : gautrinweb2.0@msg.gouv.qc.ca

    Merci à vous!

    N.B. Nous tiendrons compte de l’accessibilité des plateformes 2.0 dans notre rapport. Au plaisir d’échanger avec vous sur ces hypothèses de recommandations qui seront bientôt en ligne.

  • http://www.about.me/dboudreau Denis Boudreau

    C’est excellent, merci beaucoup. L’ajout de cette deuxième phrase vous rapproche d’une conformité au standard SGQRI 008-01. En effet, pour les sites existants mis en ligne avant le 10 mai 2012, la seule obligation incontournable consiste à offrir une aide d’assistance explicite à partir de votre page « Accessibilité ».

    Avec une telle offre, un citoyen intéressé à contribuer et incapable de le faire à cause de la plateforme choisie a au moins une chance de se faire entendre. C’est un début.

    Un numéro de téléphone aurait peut-être été encore mieux pour les contacts, mais c’est probablement une option qui n’est pas envisageable, compte tenu des façons de faire internes.

    Je vous invite toutefois à prendre connaissance ou réviser les mesures transitoires des standards, car vous y êtes assujettis : http://www.msg.gouv.qc.ca/documents/standards/access_web_ve.pdf.

    Vous connaissez probablement déjà cette adresse, mais à tout hasard, vous trouverez toute l’information pertinente sur ces standards ici : http://www.msg.gouv.qc.ca/normalisation/standards/accessibilite/.

    Vous trouverez finalement un résumé de ces obligations ici (pas tout à fait à jour, mais l’essentiel est là) : http://www.accessibiliteweb.com/presentations/2011/gtnquebec/introduction/#63.

    Je vous souhaite la meilleure de chances avec la suite de cette démarche consultative des plus stimulantes et prometteuse pour l’avenir du Québec.