Un cartel des TI au gouvernement américain

Vivek Kundra CIO des États-Unis

Le CIO du gouvernement Obama aux États-Unis a fait part de ses inquiétudes et ses constats sur les dépenses en informatique au sein de l’appareil. Il parle d’un cartel des TI qui est composé de très peu de compagnies qui en profitent, car ils comprennent très bien le processus des achats du gouvernement. Il va jusqu’à dire qu’elles n’offrent pas les meilleures technologies.

At this meeting, he was sharply critical of government IT contracting and told the committee « that we almost have an IT cartel within federal IT » that’s made up of « very few companies » that benefit from government spending « because they understand the procurement process better than anyone else. »

« It’s not because they provide better technology, » Kundra said of the contractors.

Situation très similaire dans les gouvernements canadiens, dont celui de la province de Québec où quelques firmes se partagent la tarte à tour de rôle. Ce sont d’ailleurs souvent les mêmes qu’aux États-Unis. Au début de son mandat, il voulait défaire le monopole de ces compagnies au gouvernement des États-Unis. On y voit des consultants occupant des rôles de façon permanente au sein de la fonction publique.

Kundra was appointed two and half years ago by Obama as the nation’s first government wide CIO. In taking that job in early 2009, he complained about big-contract boondoggles and of contractors who end up « on the payroll indefinitely. »

Dans son constat d’échec, il pointe le doigt sur le financement des organismes publics. La technologie n’est pas à l’agenda au Congrès américain (l’équivalent de l’Assemblée nationale au Québec ou le Parlement au Canada). Les décisions sont prises par des gestionnaires internes de chacun des organismes financés.

Kundra said the reason the federal system « defied logic » is partly due to how funding is allocated. There isn’t a single committee in Congress devoted to technology, a committee « that’s thinking about these issues horizontally, » he said.

The funding is appropriated bureau by bureau, said Kundra.

J’ai connu les initiatives de Kundra à cause de sa politique novatrice « Cloud First » [PDF] où il oblige les organismes publics à prioriser des stratégies de déploiement centralisées sur le nuage informatique du gouvernement. Le gouvernement américain comptabilise toujours 2 000 centres de données qui pourraient être consolidés dans trois mégacentres. Imaginez les économies d’échelle.

The government today has 12,000 major systems. Kundra said he has urged consolidation, and cited initiatives such as the effort to cut the number of federal data centers. The government has some 2,000 data centers.

« My view is we should only have three major data centers across the entire U.S. government, » said Kundra.

via Computerworld.

Merci à Luc Vaillancourt de Spatialytics d’avoir attiré mon attention sur cet article.

Apple présente son iCloud

Voici la présentation très bien vulgarisée de nouveau service en nuage iCloud d’Apple qui remplacera MobileMe. Apple est un fabricant d’ordinateurs et d’appareils portatifs tels que des lecteurs MP3, des téléphones intelligents et des tablettes électroniques. Sa stratégie jusqu’à ce jour était de synchroniser les appareils du client avec un câble propriétaire à l’aide d’un ordinateur Mac ou Macbook. Cette procédure fastidieuse devint un irritant de plus en plus grand pour eux. Le fabricant s’est alors adapté au marché et aux tendances de l’industrie en lançant un service en nuage qui deviendra le point central des contenus numériques de ses clients.

Toute les pièces musicales, photos ou vidéos ajoutées sur n’importe lequel appareil sera téléversé sur un espace de stockage en ligne. Toutes les autres appareils connectées à internet sont alors synchronisés avec le nouvel élément de contenu. Ceci simplifiera beaucoup la vie des utilisateurs.

Je vous invite à regarder le « pitch man » Steve Jobs en action :

 

4 ans de possibilités infinies grâce à la plateforme Facebook

La plateforme de développement de Facebook célèbre ses 4 ans. Elle a permis à des développeurs tiers ou externes d’utiliser les fonctionnalités du plus grand réseau social au monde dans leurs applications ou sites externes.

Malgré que ça fait 4 ans, je suis toujours un peu déçu de voir comment on s’en sert mal au Québec. Le développement informatique basé sur des API publiques comme celui de Facebook est souvent peu coûteux et peu risqué. Le programmeur s’appuie sur du solide qui est déjà déployé sur le web. La seule limite est votre imagination!

J’ai déjà fait quelques applications client pour Facebook, mais je rêve tout de même de faire de quoi très novateur et intégré avec cette plateforme. Quelqu’un d’intéressé dans la salle? :-)

Je vous invite à lire aussi : API des réseaux sociaux, ne laissez pas des opportunités sur la table

Le coût d'un monde sans risques

La dernière panne du 21 avril 2011 chez Amazon a relancé le débat sur les risques de dépendre des services informatiques en nuage. Sachez que la continuité des affaires ou plutôt un monde dans lequel on tente par tous les moyens de minimiser les risques vient avec un prix.

Amazon offre un service à faible coût sans offrir de garantie sur la disponibilité sur ce dernier. Historiquement, les services cloud tombent très rarement en panne. Leur configuration de classe mondiale minimise les chances qu’un événement malheureux se produise. Mais, ça peut arriver.

Sachant ça, est-ce qu’on devrait éviter le nuage? Si vous êtes capables de vous payer une configuration supérieure à celle de Amazon ou Google, je vous invite à le faire. Si vous dans les 99,9999% de personnes qui ont répondu « non », vous pouvez continuer à lire.

J’ai accordé une entrevue à Philippe Renaud du Journal la Presse à propos des nouveaux services de stockage de musique offerts par Amazon et bientôt par Apple. On est revenu sur cet incident chez Amazon. J’ai comparé le cloud au transport en commun pour faciliter la compréhension (j’étais dans un autobus de la STM au moment de l’entrevue téléphonique). Le transport en commun est un service essentiel au sens de la loi, mais il est régulièrement en panne. On accepte ça dans le cas du transport collectif, mais on remet tout en doute lorsqu’on parle de cloud computing.

Parfois, j’ai l’impression qu’on a des exigences envers l’informatique qu’on a jamais eu avec d’autres services qu’on prend pour acquis. Par exemple, comment rejoignez-vous les services d’urgences si quelqu’un de votre famille a un malaise cardiaque? Le téléphone. Est-ce que la compagnie de téléphone offre des garanties de service qui vous dédommagerait la perte de vie d’un être cher lors d’une panne téléphonique? Jamais. Pourquoi exigerait-on autant d’un service public comme Amazon?

L’économie d’échelle qui vient avec le cloud computing exige de mettre de l’eau dans son vin. Ce n’est pas panacée. Il faut intégrer cette offre de service prudemment et intelligemment. Refuser de s’y intéresser serait mal avisé. Il faut l’apprivoiser et en tirer profit.