Perdons-nous le contrôle dans le nuage informatique?

C’est une question que je me fais poser régulièrement. Je vous invite à regarder la vidéo suivante qui est belle vulgarisation du nuage informatique. Elle est particulièrement intéressante puisque les préoccupations du journaliste Gérald Fillion prennent assez de place dans l’entrevue. Son questionnement n’est pas inhabituel.

Pour lui répondre, j’aimerais ajouter que des services similaires existent déjà depuis très longtemps. Lorsqu’on dépose nos avoirs financiers dans une institution financière, on accorde une confiance envers cette entreprise. La banque ne devient pas propriétaire de notre argent, car vous êtes en plein droit récupérer vos avoirs selon les modalités de ce fournisseur. Vous ne perdez pas totalement le contrôle, mais vous tronquez de la perte de contrôle pour la commodité des services de ce fournisseur.

La boîte vocale de votre fournisseur téléphonique est hébergée dans son nuage. C’est un service pratique et fiable. Votre répondeur n’a pas besoin d’avoir des batteries et il est accessible en lecture de n’importe où. Toutefois, votre fournisseur vous impose des limites sur le nombre de messages ou le nombre de minutes enregistrées. Ces limites peuvent changer à tout moment. C’est un contrat entre vous et ce dernier. Vous échangez un peu de liberté pour profiter de la facilité de son service.

C’est la même relation que vous aurez avec un fournisseur d’informatique en nuage. Vous allez être hébergé sur ses équipements et il doit exercer un certain contrôle pour standardiser son offre de service et garantir un bon niveau de service. Vous profitez par contre d’un service plus robuste et plus prévisible. Mais, vous devez jouer selon ses règles. N’oubliez pas que la flexibilité d’un système sur mesure est accompagnée de plus de risques d’instabilité, car cette responsabilité vous revient.

La majorité des consommateurs de technologies en entreprise ne sont pas des informaticiens. Ils vivent déjà cette dynamique avec les spécialistes qui travaillent pour eux. Ils ont très peu de contrôle sur l’infrastructure, car ils doivent se fier à leurs experts en TI et à leurs recommandations par manque de connaissance. La perte de contrôle dans le nuage informatique ne leur parait pas pire. En plus de ça, la stabilité du service et les prix fixes mensuels sont plus prévisibles et c’est plus rassurant pour la gestion budgétaire.

Ce qu’il faut comprendre : il y a toujours des compromis dans tous choix qu’on prend. Mais, assurez-vous de choisir un fournisseur qui offre ouvertement une porte de sortie ou une fonctionnalité d’exportation de vos données si jamais vous voulez cesser votre abonnement avec lui.

 

 

Des militants du PQ veulent un gouvernement ouvert

J’ai été agréablement surpris de découvrir une initiative de gouvernement ouvert chez des militants du Parti Québecois hier soir. Sylvain Carle l’a partagé sur Twitter. Ils veulent intégrer une philosophie de gouvernement ouvert dans le prochain programme du PQ. On parle des formats ouverts de données pour éviter l’enfermement propriétaire de ces derniers. Ceci dans le but d’éviter les monopoles et la perte de contrôle de ses propres systèmes informatiques.

Voici principaux points :

  1. L’utilisation des standards ouverts
  2. L’accès libre aux données du gouvernement du Québec
  3. Des initiatives favorisant le développement de l’expertise québécoise en technologies de l’information

Je suis un sympathisant d’aucun parti politique. Mais, je salue cette initiative qui me parait comme un pas dans la bonne direction. Toutefois, il faut voir si cela sera effectivement pris au sérieux par leur parti. Je le souhaite et je vais surveiller ça dans les mois à venir.

Voici une vidéo qui explique bien la philosophie derrière ça :

Je vous invite à lire des billets que j’ai déjà écrits sur ce sujet:

Drupal Gardens: Drupal-as-a-Service

Merci à Nicolas Fruit d’avoir attiré mon attention sur le nouveau service Drupal Gardens. Drupal est le CMS libre le plus populaire dans le monde. Il permet de créer un site dynamique et très versatile. C’est d’ailleurs cette technologie qui alimente des portails importants comme Whitehouse.gov. Fait intéressant, Drupal Gardens a donc décidé de créer un service en réutilisant la plateforme de Drupal. Contrairement à d’autres services concurrents, le fruit de votre travail ne sera pas consacré à une plateforme propriétaire et fermée.

Drupal Gardens a été lancé en juillet 2010, le service héberge déjà 20 000 sites web. Voici une courte description provenant de leur site :

Avec Drupal Gardens, il y a pas de logiciels à installer et aucun serveur à gérer. On s’occupe du backend pour vous puissiez vous concentrer à créer des sites exceptionnels.

Comme tout fournisseur SaaS, Drupal Gardens permet de vous créer une installation Drupal sur ses serveurs instantanément à l’aide d’un formulaire. Il existe une version gratuite, mais les versions commerciales coûtent entre 20$ US et 40$ US par mois par site. Ils offrent une série de thèmes qui permettent de créer un site web sans connaître le HTML.

Aussi, comme tout bon fournisseur SaaS, Drupal Gardens vous offre une porte de sortie. Vous pouvez récupérer votre site au complet et l’héberger vous-même ailleurs:

Aucun enfermement de plateforme – Essayez, prototypez, commencez petit et grandissez. Lorsque vous êtes prêt, exportez simplement votre site – thème, utilisateurs & contenu – et allez Drupal.

Un meeetup pour en savoir plus sur Drupal

Aussi, si vous voulez en savoir plus sur Drupal, Nicolas Fruit organise un second meetup le 6 octobre en soirée à Québec.

OpenStack: éviter l'enfermement propriétaire dans le cloud

Rackspace a fait l’annonce cette semaine qu’elle publiera le code source de sa technologie qu’elle utilise pour son nuage informatique. D’ailleurs le NASA se joint à cette initiative en contribuant une portion de sa technologie utilisée dans son cloud privé nommé Nebula. Le projet open source se nomme OpenStack. Cette nouvelle est très encourageante. La peur de se commettre à long terme à un fournisseur dû au manque d »interopérabilité entre eux est un frein à l’adoption du cloud computing. L’ouverture est toujours bienvenue.

L’initiative propose deux produits au départ. Le premier projet Compute sert à standardiser les machines virtuelles. Le second, Storage, adresse le stockage de fichiers. Les deux projets seront disponibles autour de septembre/octobre 2010.