Vaccination A(H1N1): le web au secours du cafouillage bureaucratique

La vaccination massive au Québec qui a cours actuellement est un phénomène inusité. C’est une opération d’une très grande envergure, auquel je ne doute pas, les défis logistiques et de ressources humaines. Toutefois, je déplore que la majorité des organisations locales de santé aient exclu systématiquement des outils web à leur disposition pour faciliter le flot de patients qui veulent se rendre dans les centres de vaccination.

Prêchons par l’exemple, deux centres de santé et de services sociaux (CSSS) ont osé et ont intégré le web pour améliorer la prise de rendez-vous et la communication aux patients.

Prise de rendez-vous de vaccination par Internet

Formulaire en ligne du CSSS Maria-Chapdelaine

Formulaire en ligne du CSSS Maria-Chapdelaine

Le CSSS Maria-Chapdelaine à Dolbeau-Mistassin et Normandin au Lac St-Jean offre un formulaire en ligne pour prendre un rendez-vous pour la vaccination. Ici il n’y a aucun coupon à aller récupérer tôt le matin parmi une horde d’une centaine de personnes impatientes. On peut même choisir le jour du vaccin avec un calendrier dans le formulaire.

C’est une application très simple qui fait perdre moins de temps aux patients et fait épargne les ressources humaines de cet établissement qui n’a pas à mobiliser des employés à distribuer des coupons dans un stationnement avant les heures de travail.

Diffusion de l’état des centres de vaccination via Twitter

La page Twitter pour la vaccination du CSSS de Gatineau

La page Twitter pour la vaccination du CSSS de Gatineau

En plus d’être l’instigateur des coupons rendez-vous au Québec, le CSSS de Gatineau a ouvert un compte Twitter qui permet de savoir en temps réel les priorisations de vaccination et l’état d’achalandage des centres de vaccination. Une personne peut aller s’abonner à ce fils Twitter par SMS sur son téléphone cellulaire.

Quel est le coût de mise en place de cette solution? C’est 100% gratuit.

Je félicite personnellement l’individu au CSSS de Gatineau qui a poussé cette initiative. Ça prend des gens comme vous dans les administrations publiques pour faire avancer les choses. Vous avez raison d’être fier.

La gêne de faire appel au web et à l’informatique

Toute cette opération est un autre exemple frappant de la gêne des organismes publics à offrir des services en ligne à leur clientèle. La majorité de la population en 2009 a accès à Internet à la maison. Le fait que certains n’ont toujours pas accès à Internet ne justifie pas de refuser d’offrir des services en ligne sur le web. Certains services gouvernementaux sont offerts qu’au téléphone même si le téléphone n’est pas disponible par défaut dans toutes les résidences.

Je vous invite à lire mon précédent billet en lien avec ce sujet: L’informatisation totale viendra-t-elle un jour?.

Les deux directeurs de ces CSSS ont accordé une entrevue à Sylvain Bouchard au FM93.

Les Extranets devraient intégrer OpenID tout de suite

OpenID LogoOpenID est un standard qui permet de déléguer l’authentification de votre application ou site web à un tiers. OpenID vous enlève la responsabilité de sauvegarde des mots de passe. Un souci de moins! J’ai créé et travaillé sur plusieurs applications qui devaient gérer l’inscription des utilisateurs, leur authentification (login) par la suite et évidemment tous les formulaires nécessaires pour éviter le problème ultime : la perte du mot de passe.

On a beau sensibiliser nos utilisateurs qu’ils doivent garder leur mot de passe dans un endroit sûr, force de constater que vous n’êtes pas le seul à leur demander cet effort. Un internaute moyen peut avoir un compte sur plus d’une vingtaine de sites qui nécessite une authentification. Votre site est un parmi tant d’autres. Le site le plus important sera celui qu’il utilisera tous les jours. Ici, on parle de son courriel ou son réseau social préféré.

C’est quoi un Extranet?

Ce terme sert à identifier un site disponible sur internet, mais qui sert à interfacer des systèmes informatiques internes à une compagnie. C’est un site privé destiné à une clientèle ciblée. Voici la définition de l’Office de la langue française :

Réseau informatique sécurisé, généralement constitué d’une partie de l’intranet d’une entreprise ou d’une organisation communiquant à travers le réseau Internet, qui est accessible à une clientèle externe ciblée devant utiliser un mot de passe.

Un Extranet, ça ne pogne pas

Acceptez-le. Un site extranet est normalement utilisé qu’à l’occasion. Votre client ou utilisateur consultera des sites beaucoup plus pertinents dans son quotidien et plus à jour que votre extranet. C’est normal que vos utilisateurs oublient régulièrement leur mot de passe sur le vôtre. C’est pour cette raison qu’il serait intéressant de leur donner la possibilité de choisir son service d’authentification courant. Ce mot de passe, il ne l’oubliera jamais.

Les sites extranet sont ceux qui ont le plus à gagner. Vous n’avez pas nécessairement les ressources humaines pour soutenir tous vos utilisateurs à l’externe. Le temps alloué sur votre site sera exclusivement dédié à son offre de services principale. Vous n’aurez plus à maintenir des services de soutien comme l’authentification.

Les fournisseurs d’identité OpenID

Il peut choisir de prendre l’authentification qu’il utilise pour son courriel web préféré comme Google pour Gmail ou Yahoo! Courriel. S’ils visitent souvent Facebook, il peut choisir ce système s’il le désire.

Pour une liste complète et à jour, Wikipedia tient une page complète à ce sujet.

RTC Mobile pour connaître l'horaire des autobus sur son iPhone

iPhone-RTCMobile1ENJ’ai appris ce matin grâce à un article dans le Soleil de l’existence d’une application développée pour le iPhone qui permet facilement d’avoir les horaires d’autobus sur le pouce. L’application a été développée par Martin Demers et sa compagnie AragoSoft. Elle n’est pas affiliée officiellement au RTC. Elle utilise les données publiques disponibles déjà sur le site web.

Le RTC aurait à gagner à rendre accessibles plus de données sur l’état de son service par un API ouvert. Ça aide à rendre accessible d’information qu’elle tente de diffuser et en répartissant les coûts de développement à des tiers. Je tiens à féliciter M. Demers pour son initiative. Parfois, c’est la meilleure façon de réaliser des choses avec les organismes publics. J’appelle ça la méthode du fait accompli.

Quand l’initiative est réalisée et a un certain succès, ça serait très mal avisé de tenter de la freiner. On n’a qu’à penser à l’application de Sparko pour les vélos Bixi. Stationnements de Montréal leur a envoyé une mise en demeure pour qu’ils cessent de distribuer l’application. Souhaitons que le RTC aura plus d’ouverture que ça.

Je ne comprends pas toujours pourquoi ils ont fait développer un système isolé comme Trajecto alors qu’ils auraient pu s’intégrer à Google Maps comme l’a fait la STM à Montréal en collaboration avec l’École Polytechnique. Peut-être que c’est possible, et je souhaite que ce soit planifié.

Mise à jour 2009-08-01 22:30 : Karine Simard m’a fait découvrir un deuxième article dans le Soleil qui parle plus précisément de Trajecto et l’absence du RTC dans Google Transit.

Je veux surtout que lisez ce paragraphe. On parle du refus de prendre la solution gratuite de Google. On privilégie la solution Hashtus de GIRO qui a coûté 500 000 $ à implanter.

Quand Google a approché le RTC, ce dernier a répondu non merci, bien que le service soit totalement gratuit (mais des employés doivent être dégagés pour collaborer avec Google et mettre le service en place). Selon M.?Beaurivage, le système n’était pas encore au point au moment de l’approche de Google, en plus du fait que le développement de l’application Trajecto était assez avancé. Le RTC a aussi choisi de «développer sa propre application centralisée», explique ensuite M.?Beaurivage, pour que toute l’information, y compris les horaires, les tarifs, les avis, se trouve à un seul endroit, sur le même site Web, et pour simplifier la gestion.

Québec pourrait-elle devenir une ville 2.0?

by René Ehrhardt

by René Ehrhardt

Avez-vous entendu parler des dernières initiatives de la Ville de Vancouver? Une motion a été déposée au conseil municipal dans le but d’adopter une politique d’ouverture des systèmes informatiques et des données municipales. Toute donnée non confidentielle pourra être disponible en ligne sous forme de service en ligne ou sous un format de données standard.

En lisant les articles à ce sujet sur internet, on vante l’avancée idéologique de la Ville. Toutefois, je suis une personne terre-à-terre et j’ai voulu apporter un point de vue plus pragmatique.

Ce genre d’initiative risque d’améliorer grandement l’efficacité des villes. Les villes offrent beaucoup d’information gratuite (cartes, plans, etc.). Elle est accessible seulement par demande d’information formelle par téléphone, par télécopieur ou en personne. Les services en ligne sont peu nombreux à l’heure actuelle.

Anatomie de l’inefficacité

Je vais vous détailler une requête que j’ai fait récemment pour vous aider à comprendre l’inefficacité d’une requête d’information non informatisée. J’ai besoin de faire des modifications à ma maison et j’ai cru utile d’avoir le plan actuel pour aider l’architecte. Il n’existait aucun plan de la maison, alors je me suis tourné vers la Ville qui en principe les a tous. Je communique alors avec la Ville de Québec. Voici toutes les étapes pour obtenir les données dont j’avais besoin :

  1. Envoi du courriel avec l’adresse de la maison.
  2. On m’a premièrement rappelé par téléphone quelques jours plus tard pour m’indiquer que c’était gratuit, mais je devais payer environ 50 cennes pour les photocopies
  3. La Ville fouille dans ses archives et on me rappelle quelques jours plus tard pour me dire que les photocopies étaient prêtes et elles seraient au poste d’accueil du bureau d’arrondissement.
  4. Je m’y rends, et une enveloppe en mon nom est bel et bien là. La réceptionniste me la donne. Je lui indique que je devais acquitter des frais de télécopies. Elle demande le montant. J’y vais de mémoire et je lui donne un huard (1$). Elle semble frustrée de ça, car elle doit sortir une petite caisse en dessous de son bureau.
  5. Je quitte les lieux, je m’assois dans mon auto et je visionne les photocopies. Je constate qu’elles sont quasiment illisibles, car elles sont foncées, voire même noires, à certains endroits.

Mais, au fond de quoi avais-je réellement besoin? Je voulais juste des fichiers JPEG. L’information est gratuite. Ils auraient pu les numériser et me les retourner par courriel en appuyant le bouton « Reply ». Imaginez le temps sauvé!

Ville 2.0

Si on rêve un peu, pourquoi ne pas offrir les plans de toutes les maisons avec leur outil de recherche du rôle foncier? Ça serait beaucoup moins couteux que le processus décrit plus haut. Toutefois, mes plans dataient de 1977. Je ne m’attendrai jamais que la Ville numérise tous ses anciens plans à l’avance.

Malgré tout, à partir d’aujourd’hui, le fait-elle? Est-ce que les plans des nouvelles constructions sont numérisés ou ils conservent que des plans papier d’architectes? Est-ce que les entrepreneurs peuvent soumettre les plans de façon numérique? Je leur souhaite. Après 400 ans, la Ville aurait intérêt à moderniser ses processus d’affaires.

Un peu comme Vancouver, les tiers qui font affaire avec la Ville régulièrement pourront peut-être un jour soumettre et lire le données <a l’aide de services en ligne.

D’après vous, quel service de la Ville mériterait le plus d’être offert en ligne?