Essai du Wi-Fi à bord d'un autocar Orléans Express

J’ai été invité à faire l’essai du nouveau service Wi-Fi à bord des autocars Orléans Express par le Groupe Orléans. Ce service est disponible depuis quelques semaines sera offert graduellement sur le corridor Montréal-Québec pour éventuellement couvrir toute la flotte d’autocars. Depuis l’annonce, j’avais le goût d’en faire l’essai pour être en mesure de comparer le service à celui qui est offert à bord des trains Via Rail.

Le service est possible grâce à un point d’accès sans fil dans l’autobus qui est relié à un réseau mobile 3G lorsque c’est possible. Intenet est accessible via un WAN privé propulsé par la compagnie 3Men@Work. Les paquets internet voyagent alors de votre appareil (téléphone, portable, etc.) vers le point d’accès sans fil de l’autobus (orleans-wifi-en-bus) qui se connecte au réseau mobile de Rogers en relayant le trafic internet chez 3Men@Work. Cette dernière peut modérer le partage de la connexion, prévenir les abus et produire des rapports d’utilisation.

J’ai été surpris de la stabilité de la connectivité tout au long du voyage. J’ai remarqué 2 ou 3 instants où ça semblait avoir congestionné ou ralenti considérablement, mais cela n’a pas duré plus de 10 secondes à chaque fois. Groupe Orléans prétend offrir des vitesses entre 7 Mb/s (3G) et 21 Mb/s (HSPA), mais en réalité on obtient les débits normaux de ces types de connexions mobiles au Canada, soit environ 1 à 3 Mb/s. J’ai effectué plusieurs tests avec le service SpeedTest.Net (preuves plus bas) et ça oscillait toujours dans ces chiffres, peu importe l’emplacement (zone urbaine ou rurale). Orléans prévient tout de même que la connexion est partagée dans l’autobus, mais elle oublie de mentionner que le réseau mobile l’est aussi. C’est suffisamment rapide, mais on se rend jamais aux vitesses théoriques. Malgré ces vitesses, j’ai été capable de travailler normalement et le délai de latence était très acceptable.

Comparée à ma dernière expérience avec Via Rail qui date de mars 2010, la connexion internet est beaucoup plus fiable et rapide dans les autocars d’Orléans Express. Via Rail a annoncé récemment des investissements majeurs à ce service qui seront livrés à l’automne 2011. Les commentaires sur Via Rail en temps réel sur les réseaux sociaux sont assez divergents.

En résumé, quand on est sur internet avec notre portable de tous les jours, on ne se croirait pas dans un autobus sur la route. Le voyage passe très rapidement. L’espace restreint d’un autocar ne se compare pas aux grands sièges confortables du train, mais les départs fréquents et ce nouveau service Wi-Fi de qualité risque de séduire les gens d’affaires. J’ai été enchanté et cette expérience va me faire réfléchir avant de prendre mon auto ou de prendre le train pour me rendre dans la métropole.

Vitesses de téléchargement à bord Orléans Express

Voici le meilleur et le pire résultat de SpeedTest. La latence (ping) était en moyenne 110 ms.

Le RTC fait son mea-culpa avec Google Transit et lancera sa propre application mobile

J’ai eu le plaisir d’apprendre en fin de semaine que le Réseau de Transport de la Capitale (RTC), le service de transport en commun de la Ville de Québec, lancera une application mobile à l’automne 2011 pour différentes plateformes. Aussi, elle fait son mea-culpa quant à son refus initial de collaborer avec Google pour intégrer les horaires et trajets d’autobus dans Google Transit. Google Transit est le service qui permet aux utilisateurs Google Maps de planifier un itinéraire de déplacement en utilisant le transport en commun. La STM à Montréal fournit déjà depuis quelques années leurs données à Google. Voici l’explication de leur refus :

En plus du propre planificateur d’itinéraires du RTC (Trajecto), les personnes désirant planifier leurs déplacements en transport en commun pourront bientôt se tourner vers Google Transit. La société s’affaire depuis septembre, non sans peine, à transférer ses données au géant du Web.

«Plus complexe qu’anticipé»

«On arrive dans les derniers milles, on devrait être capable de lancer ça au printemps. C’était plus complexe que ce qu’on avait anticipé. Vu que ce n’est pas le même moteur que Trajecto, il faut s’assurer que le tracé suggéré concorde avec la réalité», partage le responsable de la commercialisation.

Le RTC avait auparavant décliné l’invitation de Google, alors qu’il se trouvait à mi-chemin dans le développement de Trajecto.

«L’intérêt était là. C’est du temps [d'employés] qui nous manquait», explique M. de Mauraige, en ne cachant pas qu’il s’agit «d’une plateforme très attrayante» parce qu’internationale.

Le système Google Transit peut être utilisé sur toutes les plateformes et fonctionne de la même façon partout dans le monde. Les touristes en visite dans la Vieille Capitale pourront ainsi utiliser le GPS de leur téléphone pour se situer et calculer un itinéraire d’autobus.

via Le Soleil.

Étrange affirmation du RTC sur la complexité de travailler avec Google. Pourtant, Google travaille avec d’autres organisations semblables et a mis de l’avant le format de données ouvert General Transit Feed Specification (GTFS). J’aurais plus tendance que c’est le RTC qui a de la difficulté à s’adapter. Ça ne sert à rien de faire cavalier seul. On finit toujours à se conformer et s’entendre avec les autres. On vit dans une époque de standardisation et d’interopérabilité. Le but c’est que ça fonctionne, et ce, pour le plus grand nombre de personnes possibles.

Google Maps est une application installée de facto sur tous les iPhone et téléphones Android. Elle est disponible aussi sur BlackBerry. Les touristes en visite devait trouver Québec assez arriéré de ne pas avoir accès aux horaires du transport en commun sur cet application.

Une nouvelle application mobile, bravo, mais…

Quant à l’application mobile, je salue l’initiative. Toutefois, ils semblent encore faire l’erreur que j’avais souligné précédemment. Ils se lancent dans l’édition et la maintenance d’application mobile. Elle s’éloignera de son « core business » qui est de faire circuler des autobus et véhiculer des passagers. Le développement logiciel est très spécialisé et j’imagine mal un organisme public de transport devenir un développeur d’applications pour consommateurs.

Ouvrez-vous et arrêtez de tout faire vous-même!

Le RTC devrait plutôt fournir les données ouvertes en format GTFS sur son site web et laisser les développeurs indépendants penser à des usages pratiques et originaux à ces dernières.

J’espère que RTC Mobile développé par Aragosoft, éditeur logiciel indépendant de la région, continuera à exister. Les horaires sont extraits du site web du RTC grâce à des procédures complexes de web scraping. Aragosoft doit lire les données d’horaire dans un format de données prévu pour la présentation et l’affichage sur le site web. Cette façon de faire est vulnérable aux changements de design du site web. Espérons que Aragosoft aura dorénavant accès aussi aux données GTFS.

RTC Mobile pour connaître l'horaire des autobus sur son iPhone

iPhone-RTCMobile1ENJ’ai appris ce matin grâce à un article dans le Soleil de l’existence d’une application développée pour le iPhone qui permet facilement d’avoir les horaires d’autobus sur le pouce. L’application a été développée par Martin Demers et sa compagnie AragoSoft. Elle n’est pas affiliée officiellement au RTC. Elle utilise les données publiques disponibles déjà sur le site web.

Le RTC aurait à gagner à rendre accessibles plus de données sur l’état de son service par un API ouvert. Ça aide à rendre accessible d’information qu’elle tente de diffuser et en répartissant les coûts de développement à des tiers. Je tiens à féliciter M. Demers pour son initiative. Parfois, c’est la meilleure façon de réaliser des choses avec les organismes publics. J’appelle ça la méthode du fait accompli.

Quand l’initiative est réalisée et a un certain succès, ça serait très mal avisé de tenter de la freiner. On n’a qu’à penser à l’application de Sparko pour les vélos Bixi. Stationnements de Montréal leur a envoyé une mise en demeure pour qu’ils cessent de distribuer l’application. Souhaitons que le RTC aura plus d’ouverture que ça.

Je ne comprends pas toujours pourquoi ils ont fait développer un système isolé comme Trajecto alors qu’ils auraient pu s’intégrer à Google Maps comme l’a fait la STM à Montréal en collaboration avec l’École Polytechnique. Peut-être que c’est possible, et je souhaite que ce soit planifié.

Mise à jour 2009-08-01 22:30 : Karine Simard m’a fait découvrir un deuxième article dans le Soleil qui parle plus précisément de Trajecto et l’absence du RTC dans Google Transit.

Je veux surtout que lisez ce paragraphe. On parle du refus de prendre la solution gratuite de Google. On privilégie la solution Hashtus de GIRO qui a coûté 500 000 $ à implanter.

Quand Google a approché le RTC, ce dernier a répondu non merci, bien que le service soit totalement gratuit (mais des employés doivent être dégagés pour collaborer avec Google et mettre le service en place). Selon M.?Beaurivage, le système n’était pas encore au point au moment de l’approche de Google, en plus du fait que le développement de l’application Trajecto était assez avancé. Le RTC a aussi choisi de «développer sa propre application centralisée», explique ensuite M.?Beaurivage, pour que toute l’information, y compris les horaires, les tarifs, les avis, se trouve à un seul endroit, sur le même site Web, et pour simplifier la gestion.