À travers les différents témoignages entendus depuis l’annonce du décès du cofondateur d’Apple, j’ai entendu souvent parler de sa vision remarquable de l’avenir des technologies. On a souligné dans les médias que sa stratégie des dernières années laissait plus de place à l’internet. Ce réseau allait devenir le point focal de tous les dispositifs technologiques (ordinateurs, tablettes et téléphones).
Steve Jobs entrevoyait un accroissement des points d’accès internet sans fil et un accès rapide à internet en mobilité dans les années à venir. Cette ubiquité d’internet partout où l’on va amène des possibilités techniques auparavant inimaginables. Si on peut accéder rapidement à l’internet n’importe où, ça rend viable les services informatiques à distance.
Cette vision a permis à Mobile.Me de naître pour se métamorphoser aujourd’hui dans le iCloud d’Apple. Ce service en nuage deviendra le noyau de l’expérience Apple. Il sera le point d’ancrage de vos données. Vos différents appareils s’y référeront pour s’alimenter et s’échanger des données entre eux. D’ailleurs, le caricaturiste YGRECK s’en est inspiré avec brio pour illustrer Steve Jobs au ciel (je le remercie de m’avoir permis de la réutiliser ici).
Bref, si Steve Jobs voyait le cloud dans sa soupe, ça me rassure personnellement. En me spécialisant là-dedans depuis 2008, j’avais pris un risque. Ça m’apaise de savoir que le grand Jobs y croyait aussi au nuage.
Au revoir M Jobs et j’espère que le cloud est encore plus beau de là-haut.
J’ai récemment fait mandat pour un détaillant pour lui analyser les produits de type cloud destiné à l’industrie du commerce au détail. Malgré que je suis très enthousiaste et convaincu des applications web, j’étais plutôt septique d’une offre intéressante pour effectuer le point de vente (Point of Sale ou POS) ou les caisses enregistreuses. Après plusieurs recherches, je suis tombé sur différents produits très prometteurs dont le produit néo-zélandais Vend qui m’a réellement séduit.
Vend
L’interface moderne de Vend et ses capacités à enregistrer des ventes lors d’une coupure de connexion m’ont grandement impressionné. Il est entièrement bâti sur les technologies modernes du HTML5. Il est offert entre 29 $ à 99 $ par mois selon les besoins et la grosseur du détaillant. Toutefois, le produit n’est pas totalement adapté au marché du Québec puisqu’il n’est pas disponible en français et il ne supporte pas 2 taux de taxes et encore moins nos taxes composées (TVQ calculée sur la TPS). Toutefois, on m’a dit que cette fonctionnalité viendra.
Voici une entrevue et une démonstration que Vaughan Rowsell de Vend a faite pour Robert Scoble :
Pour les restaurants comptoir, j’ai découvert le service ShopKeep. En plus de l’interface web, une application native est offerte pour le iPad. Voici une démonstration :
Peu d’investissement initial
En choisissant un produit cloud comme ceux-ci, le seul investissement initial restant pour le commerçant est l’équipement physique. Pour moins de 3000$, on peut se procurer un ordinateur POS avec tiroir-caisse et écran tactile, un lecteur code à barre et une imprimante thermique pour les reçus.
Les avantages d’un POS en ligne
Vos données sont sauvegardées dans un environnement redondant et sécuritaire en cas de panne d’ordinateur, d’un sinistre ou d’un vol de la caisse enregistreuse.
Vous avez accès à des rapports, votre inventaire et toute autre information de n’importe quel ordinateur avec une connexion internet.
Vous n’avez pas à vous procurer un logiciel POS dispendieux (5000 $ à 30 000 $ et plus!)
Les services en ligne sont améliorés continuellement avec de nouvelles fonctionnalités sans frais pour le client.
Les logiciels service (SaaS) sont faciles à mettre à jour. Vous pouvez ajouter de la capacité et des caisses additionnelles au fur et à mesure que votre entreprise croit ou pendant les périodes achalandées.
Le fournisseur peut régler les problèmes techniques instantanément sur le web en consultant votre compte et en réglant les problèmes à distance.
Les désavantages d’un POS en ligne
Vous devez défrayer une mensualité.
Vous devez avoir une connexion internet.
Certains services exigent d’utiliser leur matériel informatique.
Si vous perdez votre connexion internet, vous ne pouvez plus accéder au logiciel.
Pour réduire les risques mentionnés ci-haut, il suffit de faire entrer 2 connexions internet et les relayer à un routeur Dual WAN. Ce dispositif permet de rediriger le trafic sortant sur l’une ou l’autre connexion (failover). Cette stratégie peut s’avérer utile aussi pour vos terminaux de cartes de paiement.
Amazon a lancé hier sa nouvelle tablette Kindle Fire qui sera munie du nouveau fureteur Silk. Amazon a profité de son avantage et sa connaissance du cloud computing pour créer un fureteur très léger en déplaçant la majorité du traitement pour afficher des pages web dans son architecture EC2 sur le nuage. Ceci est une excellente démonstration comment on peut revoir l’architecture d’un système avec ce nouveau changement de paradigme dans le monde des technologies de l’information. Ainsi, Amazon envoie uniquement le rendu et le nécessaire à la minuscule tablette. L’échange de données entre les serveurs d’Amazon et la Kindle Fire sera limité et optimisé pour augmenter la vitesse de navigation et améliorer l’expérience utilisateur.
Je vous invite à regarder cette vidéo qui explique très bien le concept :
Cette innovation va encore plus loin que la philosophie Chrome de Google. Google travaille d’arrache-pied à optimiser le code source du fureteur installé chez le client. Le fureteur de l’utilisateur doit donc toujours bâtir les pages web avec ses différents éléments (images, sons, feuilles de style, etc.) et ce logiciel doit être mis à jour localement lorsque de nouvelles versions sont disponibles. Toutefois, cette idée s’inspire de Google Mobilizer qui transforme une page web standard en sa version plus adaptée au mobile.
Pour en savoir plus sur Amazon Silk, veuillez visiter le blogue officiel.
Alain McKenna a fait un super topo dans le journal la Presse sur l’état de l’offre des produits d’intelligence d’affaires et d’analyse de données sur le marché. J’ai d’ailleurs été interviewé pour obtenir mon son de cloche sur l’offre de service actuelle dans ce segment des TI dans le « cloud ». La transition vers l’informatique en nuage change beaucoup l’offre actuelle et nous amène certains défis lors de cette transition.
Louis-Michel Mathurin, Vice-président d’AgileDSS, explique les défis quant au transfert d’importantes quantités données entreposées localement vers le nuage et le niveau de maturité de ces nouvelles solutions :
Il ne faut pas se faire d’illusions, poursuit-il: les services web d’analyse de données ne sont pas encore aussi sophistiqués que ceux en entreprise. Cela dit, les géants dans ce domaine, d’IBM à SAS, s’ouvrent lentement au phénomène de l’infonuagique. Le défi qui s’impose est simple: le volume de données à transférer vers un serveur extérieur est si important qu’il nuirait à l’efficacité de l’outil et empêcherait d’obtenir des résultats sur-le-champ.
Cette phase de transition entre les systèmes existants situés dans vos infrastructures locales et d’un autre dépôt à distance sollicite davantage votre lien internet. Il existe des stratégies d’intégration de systèmes qui permet une réplication en temps réel et d’éviter de copier inutilement des données en double ou non pertinentes. Malgré que les liens internet à large bande sont de plus en plus accessibles, il faut tout de même être conservateur dans leur utilisation si on ne veut pas payer trop cher.
Dans mon entrevue, j’ai signifié au journaliste que les services SaaS en BI (« business intelligence ») ou intelligence d’affaires sont pratiques pour analyser des données d’autres logiciels-services déjà en ligne. Ces compagnies sont connectées sur internet avec des liens réseau à très haute capacité. Ils sont ainsi capables de siphonner rapidement des données d’un autre service disponible sur le nuage :
Ce que les outils infonuagiques de veille permettent de faire plus facilement, c’est de lier entre elles les données provenant d’autres services infonuagiques. Par exemple, les habitués de SalesForce, de BaseCamp ou même des applications Google n’ont pas besoin d’envoyer leurs données vers le nuage, puisqu’elles y sont déjà. Il suffit de trouver un service web compatible avec les applications qu’ils utilisent déjà.
Je vous invite à lire l’article au complet, c’est très bien vulgarisé pour un sujet aussi pointu.