Le commerce au détail sur le nuage

J’ai récemment fait mandat pour un détaillant pour lui analyser les produits de type cloud destiné à l’industrie du commerce au détail. Malgré que je suis très enthousiaste et convaincu des applications web, j’étais plutôt septique d’une offre intéressante pour effectuer le point de vente (Point of Sale ou POS) ou les caisses enregistreuses. Après plusieurs recherches, je suis tombé sur différents produits très prometteurs dont le produit néo-zélandais Vend qui m’a réellement séduit.

Vend

L’interface moderne de Vend et ses capacités à enregistrer des ventes lors d’une coupure de connexion m’ont grandement impressionné. Il est entièrement bâti sur les technologies modernes du HTML5. Il est offert entre 29 $ à 99 $ par mois selon les besoins et la grosseur du détaillant. Toutefois, le produit n’est pas totalement adapté au marché du Québec puisqu’il n’est pas disponible en français et il ne supporte pas 2 taux de taxes et encore moins nos taxes composées (TVQ calculée sur la TPS). Toutefois, on m’a dit que cette fonctionnalité viendra.

Voici une entrevue et une démonstration que Vaughan Rowsell de Vend a faite pour Robert Scoble :

Voici d’autres produits intéressants que j’ai retenu : Cashier LivePosteritaFireSaleEffortlessE et Imonggo.

ShopKeep

Pour les restaurants comptoir, j’ai découvert le service ShopKeep. En plus de l’interface web, une application native est offerte pour le iPad. Voici une démonstration :

Peu d’investissement initial

En choisissant un produit cloud comme ceux-ci, le seul investissement initial restant pour le commerçant est l’équipement physique. Pour moins de 3000$, on peut se procurer un ordinateur POS avec tiroir-caisse et écran tactile, un lecteur code à barre et une imprimante thermique pour les reçus.

Les avantages d’un POS en ligne

  • Vos données sont sauvegardées dans un environnement redondant et sécuritaire en cas de panne d’ordinateur, d’un sinistre ou d’un vol de la caisse enregistreuse.
  • Vous avez accès à des rapports, votre inventaire et toute autre information de n’importe quel ordinateur avec une connexion internet.
  • Vous n’avez pas à vous procurer un logiciel POS dispendieux (5000 $ à 30 000 $ et plus!)
  • Les services en ligne sont améliorés continuellement avec de nouvelles fonctionnalités sans frais pour le client.
  • Les logiciels service (SaaS) sont faciles à mettre à jour. Vous pouvez ajouter de la capacité et des caisses additionnelles au fur et à mesure que votre entreprise croit ou pendant les périodes achalandées.
  • Le fournisseur peut régler les problèmes techniques instantanément sur le web en consultant votre compte et en réglant les problèmes à distance.

Les désavantages d’un POS en ligne

  • Vous devez défrayer une mensualité.
  • Vous devez avoir une connexion internet.
  • Certains services exigent d’utiliser leur matériel informatique.
  • Si vous perdez votre connexion internet, vous ne pouvez plus accéder au logiciel.

Pour réduire les risques mentionnés ci-haut, il suffit de faire entrer 2 connexions internet et les relayer à un routeur Dual WAN. Ce dispositif permet de rediriger le trafic sortant sur l’une ou l’autre connexion (failover).  Cette stratégie peut s’avérer utile aussi pour vos terminaux de cartes de paiement.

Pourquoi le nuage est souvent plus sécuritaire

L’utilisation de logiciels ou de solutions informatiques dans le nuage est souvent plus sécuritaire. Voici une excellente explication de la part de Paul Chisholm, PDG de mindSHIFT, qui résume bien ce que j’explique à mes clients quand la question m’est posée :

« Les départements informatiques ont commencé à se déplacer vers le cloud pour des raisons de sécurité, pour des meilleures reprises en cas de catastrophe et parce qu’elles ne veulent pas le tracas de faire fonctionner l’ensemble de leurs solutions eux-mêmes », a-t-il dit. « Si vous avez une solution informatique sur place (dans vos locaux) qui n’est pas gérée ou configurée correctement alors les pirates peuvent y accéder. Elle sera aussi soumise à des imprévus comme des pannes de courant. Le nuage améliore considérablement la sécurité physique. Et si vous êtes un fournisseur de cloud, vous devez être à jour sur la sécurité, car les habiletés des pirates est toujours en constante amélioration. Je pense que l’ensemble du nuage est plus sûr que les solutions locales. »

via TalkinCloud.

À moins que vous ayez à votre disposition les meilleurs experts en sécurité informatique pour sécuriser vos systèmes, ils seront toujours plus vulnérables que ceux qui sont conçus pour être mis à l’épreuve quotidiennement par des hackers. Les solutions en ligne jouissent d’une notoriété qui attire ces derniers à tenter leur chance. Le trophée est plus intéressant. Les fournisseurs en nuage ont donc tout intérêt (économique, réputation, etc.) à protéger leurs acquis et leur clientèle. C’est logique.

D’un autre côté, comme je l’ai indiqué dans mon précédent billet et quelques-uns ont réitéré dans les commentaires, lorsque ces solutions sont compromises, toute la clientèle est affectée. D’où l’importance de choisir judicieusement ses fournisseurs et planifier en cas de pépin chez ce dernier. C’est là où des consultants indépendants de solutions comme moi ou d’autres peuvent vous aider à y voir plus clair.

Le coût d'un monde sans risques

La dernière panne du 21 avril 2011 chez Amazon a relancé le débat sur les risques de dépendre des services informatiques en nuage. Sachez que la continuité des affaires ou plutôt un monde dans lequel on tente par tous les moyens de minimiser les risques vient avec un prix.

Amazon offre un service à faible coût sans offrir de garantie sur la disponibilité sur ce dernier. Historiquement, les services cloud tombent très rarement en panne. Leur configuration de classe mondiale minimise les chances qu’un événement malheureux se produise. Mais, ça peut arriver.

Sachant ça, est-ce qu’on devrait éviter le nuage? Si vous êtes capables de vous payer une configuration supérieure à celle de Amazon ou Google, je vous invite à le faire. Si vous dans les 99,9999% de personnes qui ont répondu « non », vous pouvez continuer à lire.

J’ai accordé une entrevue à Philippe Renaud du Journal la Presse à propos des nouveaux services de stockage de musique offerts par Amazon et bientôt par Apple. On est revenu sur cet incident chez Amazon. J’ai comparé le cloud au transport en commun pour faciliter la compréhension (j’étais dans un autobus de la STM au moment de l’entrevue téléphonique). Le transport en commun est un service essentiel au sens de la loi, mais il est régulièrement en panne. On accepte ça dans le cas du transport collectif, mais on remet tout en doute lorsqu’on parle de cloud computing.

Parfois, j’ai l’impression qu’on a des exigences envers l’informatique qu’on a jamais eu avec d’autres services qu’on prend pour acquis. Par exemple, comment rejoignez-vous les services d’urgences si quelqu’un de votre famille a un malaise cardiaque? Le téléphone. Est-ce que la compagnie de téléphone offre des garanties de service qui vous dédommagerait la perte de vie d’un être cher lors d’une panne téléphonique? Jamais. Pourquoi exigerait-on autant d’un service public comme Amazon?

L’économie d’échelle qui vient avec le cloud computing exige de mettre de l’eau dans son vin. Ce n’est pas panacée. Il faut intégrer cette offre de service prudemment et intelligemment. Refuser de s’y intéresser serait mal avisé. Il faut l’apprivoiser et en tirer profit.

Une gaffe peu rassurante chez Facebook

Plusieurs de mes contacts sur Twitter ont dit hier qu’ils avaient de nouvelles fonctionnalités dans leurs pages corporatives Facebook. Quand j’ai tenté d’aller voir ce dont ils parlaient, le site ne répondait plus.

Facebook a été indisponible pendant quelques minutes en début de soirée, en raison d’un dévoilement public et accidentel de fonctionnalités qui apparaîtront prochainement sur le réseau social.

Afin de réparer son erreur, Facebook a mis son site hors ligne. Le réseau s’en excuse auprès des internautes. L’interruption de service n’aura duré que quelques minutes. Lorsque Facebook est redevenu accessible, les nouveautés avaient disparu.

via Branchez-Vous Techno.

Je vous fais part de cette bourde ici pour vous démontrer ceci: même si Facebook dessert plus de 500 millions d’utilisateurs dans le monde et brasse des millions de dollars, le sérieux de sa gestion de ses systèmes d’information est plutôt douteux. On voit rarement ce genre de gaffes sur des sites comme Paypal ou eBay.

Je me souviens aussi d’un ingénieur de Facebook à Confoo qui expliquait l’architecture des serveurs memcached qui servent à ménager les ressources informatiques du réseau. Ils avouaient qu’une petite portion des requêtes étaient perdues et cela était acceptable pour eux.

Pourtant, Facebook souhaite lancer soi-même un tas de nouveaux services comme sa propre plateforme de paiement en ligne « Facebook Credits » similaire à Paypal. Son manque de sérieux dans le déploiement et le versionnage ne me rassurera pas vraiment quand il s’agira de données financières.

Certes Paypal et eBay n’ont jamais connu une croissance aussi rapide, mais quand même, la confiance est à la base de ces solutions en ligne. Avez-vous confiance de confier vos paiements en ligne à Facebook?