J'appuie Cyrille Béraud et la libre concurrence

Le procès opposant Savoir-Faire Linux à la Régie des rentes du Québec débutait hier. Cyrille Béraud, CEO de Savoir-Faire Linux, poursuit le gouvernement du Québec pour avoir acheté 720 000 $ de licences de logiciel directement de la compagnie américaine sans appel d’offres. La RRQ prétend que cet achat était une simple mise à jour alors que M. Béraud affirme que la Régie aurait pu implanter le système d’exploitation Linux avec logiciel OpenOffice sur ses postes de travail. Soit deux logiciels entièrement gratuits.

J’ai observé ce dossier avec un regard d’informaticien et celui d’un contribuable. L’informaticien en moi me permet de valider les dires des deux partis. Jusqu’à ce jour, la RRQ n’a pas émis aucun avis depuis cette poursuite. J’ai bien hâte de connaitre leur position et quels arguments qu’ils utiliseront pour justifier cet achat.

Je suis curieux, car je ne comprends pas comment ils le feront. J’ai passé à OpenOffice en 2008. Cela fait 2 ans. Je collabore avec plusieurs personnes qui n’utilisent pas cette suite de bureautique. Malgré tout, je n’ai vécu aucun problème de compatibilité avec quiconque. Aussi, l’interface graphique était très similaire. J’ai retrouvé toutes les fonctionnalités que j’avais dans Microsoft Office incluant les plus avancées.

Pour ce qui est de Windows vs Linux. Dans le cadre d’un ordinateur de bureau, je n’ai eu aucun problème d’adaptation. On a accès à tous les logiciels imaginables directement dans la distribution. La seule personne insatisfaite de Linux dans mon entourage est mon fils qui ne peut plus jouer ses jeux PC sur mon portable. J’ose espérer que la comptabilité des jeux ne sera pas un argument de la défense dans ce procès.

Avec ces conclusions, je considère que les prétentions de Cyrille Béraud sont entièrement fondées. Je l’appuie ouvertement et je souhaite qu’il obtienne gain de cause. Dans le contexte d’un gouvernement déficitaire, je souhaite plus d’imagination et de courage aux gestionnaires en TI au gouvernement du Québec pour trouver des solutions modernes avec un ratio cout-efficacité plus élevé.

Le logiciel propriétaire, un carcan pour le client?

par ktylerconk

par ktylerconk

Le logiciel propriétaire est le seul modèle économique où le client n’est pas en plein contrôle de ce qu’il paie. Pour tous les autres produits tangibles, le client peut en faire ce qu’il veut après avoir déboursé pour l’obtenir. Il a acquis le produit.

L’exemple de la maison

Par exemple, lorsqu’on s’achète une maison, il est possible de la modifier soi-même ou de confier les travaux à n’importe quel entrepreneur. On nous fournit même le plan! On pourrait dès la prise de possession, en faire une copie sur le terrain adjacent.

L’exemple de l’automobile

L’automobile est un produit plus technologique et il est produit en série. Son exemple, se rapproche davantage au logiciel propriétaire. Toutefois, le fabricant vend des manuels techniques d’entretien avec des schémas complets de toutes les pièces de l’automobile. Vous pouvez faire l’entretien de la voiture dans un autre garage et même y apporter des modifications sans perdre votre garantie. L’automobile une fois vendue vous appartient.

À qui appartient le logiciel que j’ai acheté?

Lorsque vous achetez un logiciel, vous n’achetez qu’une licence d’utilisation. Le logiciel ne vous appartient pas. Le média sur DVD ou sur CD ne vaut pratiquement rien. Par exemple, Microsoft vend le média seul sans licence à 39,99$ CDN pour la quasi-totalité de ses produits. La licence vous permet d’utiliser le logiciel à perpétuité. Toutefois, rien n’empêche le fabricant de cesser de supporter le logiciel. Comment prévenir ça?

J’ai déjà vu chez un ancien employeur que le client avait exigé que le code source soit transféré dans une fiducie advenant un événement qui empêcherait le support de l’application (faillite, erreur humaine, sinistre, etc.). Le client serait alors en mesure de continuer à maintenir le logiciel sans trop problèmes. Mais, est-ce qu’un client peut exiger ça des grands fabricants de logiciels?

Le modèle d’open source

Lorsque vous installez un logiciel libre, vous avez accès au code source. Vous n’avez plus de lien avec le fabricant. Vous pouvez modifier le logiciel sans demander la permission à quiconque. Ce sont les mêmes droits que vous avez avec votre maison et votre automobile.

Lorsqu’on défend le logiciel propriétaire, on utilise souvent les arguments de support ou d’imputabilité de fournisseur. Lisez vos contrats de licence et ils vous empêchent la plupart du temps de recourir contre eux en cas de préjudice ou discontinuation du produit. L’open source bizarrement peut s’avérer plus sécuritaire pour le client. Quand le logiciel est implanté chez lui, en ayant le code source, il reste maître d’oeuvre de l’évolution du produit.

J’aimerais avoir d’autres opinions à ce sujet. Quel modèle de distribution de logiciel offre une meilleure pérennité pour le client?