L'informatisation totale viendra-t-elle un jour?

par JCardinal18

par JCardinal18

L’informatique existe depuis plus de 50 ans. Elle a fait son bout de chemin dans plusieurs industries. Elle est maître dans la quasi-totalité des processus internes des grandes entreprises. Toutefois, quand vient le temps de transiger avec un tiers, l’informatique sort très souvent de l’équation. On transige toujours principalement par courrier ou par téléphone.

Les services en ligne

Les services en ligne semblent toujours considérés comme des projets-pilotes ou un quelconque gadget pour plaire aux jeunes. Une façon d’être à la mode en quelque sorte. Pourquoi avons-nous une gêne d’imposer uniquement la voie électronique? Lorsqu’on décide d’informatiser un processus à l’interne d’une organisation, on numérise tout et on l’impose à ses employés. Pourquoi n’exige-t-on pas cela de nos partenaires externes (clients, fournisseurs, etc.) ?

« Moi, je veux rien savoir de l’interweb! »

Les détracteurs me diront que les services en ligne souffrent de problèmes d’accessibilité. Il faut un ordinateur, une connexion internet rapide et bien évidemment des connaissances pour opérer tout ça. Vous avez parfaitement raison. Toutefois, il faut en être conscient qu’il y a un coût à vouloir plaire à tout le monde.

Coût de vouloir plaire à tout le monde

En voulant satisfaire les clientèles traditionnelles et numériques avec des processus entièrement différents, nous avons deux systèmes parallèles en place. Je tente de sensibiliser mes clients sur le risque d’alourdir le système en place. Où est le gain si on ne fait qu’ajouter sur ce qui se fait déjà? L’informatisation n’a-t-elle pas l’objectif de rendre les processus plus efficient et moins couteux?

L’exemple du chèque bancaire

Je terminerais avec un exemple très facile. Comment fait-on pour transférer 20 $ de votre compte bancaire à celui de votre ami? Vous pourriez faire un transfert à l’aide de l’extranet de votre institution financière (AccesD, Banque en direct, Internat, etc.). La transaction internet est instantanée et entièrement validée au préalable (fonds disponibles, destinataire existant, etc.).

Vous pourriez aussi lui écrire un chèque. Mais, un chèque peut être sans provisions, il peut être falsifié, il peut être adressé à la mauvaise personne ou il peut être perdu dans la malle (c’est ça, mettons). Pour éviter ces erreurs, les banques ont des commis qui vont relire les informations sur les chèques et les transcrire sur informatique. Cette opération a un cout.

Sommes-nous mures pour passer à l’étape suivante?

Il serait grand temps à mon avis de se questionner sur la pertinence de continuer à entretenir ces processus entièrement désuets et par le fait même inefficaces. La population active est-elle prête à ça? Si la voie électronique devient l’unique manière de transiger, est-ce que les réfractaires vont se conformer?

Les demandes papier gouvernementales

J’ai déjà entendu cet extrait ou déjà lu le texte dans une chaîne de lettre il y a quelques années. Aujourd’hui, un ami Facebook a partagé ce vidéo YouTube avec l’extrait audio et le texte ensemble.

Je suis d’avis que toutes les demandes écrites qu’on fait au gouvernement et aux institutions financières sont très désuètes. On nous demande des informations nominatives à répétition, même si parmi les renseignements demandés on inclut un identifiant unique (Numéro d’assurance social, Numéro d’entreprise du Québec (NEQ), Numéro de permis de conduire, Numéro d’assurance maladie, etc.).

Avec l’informatisation des 40 dernières années le citoyen s’attend à une forme d’efficience. Les renseignements personnels sont partagés entre organismes gouvernementaux pour le punitif (fraudes), mais ils ne semblent pas partagés pour améliorer l’efficacité et le service aux citoyens.

Alors, terminons cette réflexion en se divertissant un peu. Je vous préviens que l’extrait contient un langage direct et musclé (pour le moins qu’on puisse dire).

Le papier est roi dans les hôpitaux

Les hôpitaux sont les enfants pauvres de la numérisation. Il ne faut pas confondre numérisation et informatisation. Ce sont deux termes bien différents. L’informatisation consiste à augmenter le nombre d’ordinateurs ou leur disponibilité. Alors que la numérisation est l’acte de transférer des objets du monde dit réel au monde virtuel. Dans le cas précis des hôpitaux, on parle des dossiers médicaux des patients.

Addressograph

Adressographe

Aujourd’hui, mon fils s’est fait opérer en chirurgie d’un jour pour une intervention de routine. J’ai été impressionné par le nombre de fois que sa carte d’hôpital a servi à imprimer ses renseignements sur des papiers NCR. L’utilisation de l’adressographe est abusive. À notre arrivée, je crois que l’infirmière à l’accueil l’a utilisé au moins 8 fois pour autant de formulaires. Elle les a ensuite mis sur un presse-papier métallique. Il nous a alors suivis dans chacun des départements.

Vive la paperasse!

Toutes les fois que je visite un hôpital, je suis sidéré de voir la quantité de papier. Il y a tellement de papier, que les messagers ont des véhicules électriques pour circuler dans les corridors. Les ordinateurs sont nombreux, mais ils semblent servir à faire des démonstrations des économiseurs d’écrans (screensavers) de Windows.

Les notes manuscrites

L’illisibilité des notes est fréquente et le personnel doit souvent poser les mêmes questions. Ceci doit surement les désinformer et conséquemment les amener à faire des erreurs. Imaginez si vous êtes inconscient et vous n’avez pas d’accompagnateur de confiance avec vous : le seul support de données sur votre condition est un simple presse-papier avec des notes écrites à la main sur des feuilles.

Étant un enfant du numérique, j’appréhende beaucoup cet aspect du système médical. Comme patient, je m’inquiète beaucoup. Connaissant les bienfaits de partage d’information et bien évidemment de lisibilité dans les systèmes informatisés, j’estime que le système actuel est vulnérable aux erreurs médicales.

Notre mécanicien est mieux organisé

Lorsqu’on va faire réparer notre automobile au concessionnaire, ils notent tout dans l’ordinateur. Oui, j’avoue qu’ils impriment le bon de commande pour le mécanicien, mais les remarques de ce dernier reviennent dans le dossier informatisé. Quand la réparation est terminée et on paie, ils peuvent nous fournir un rapport complet de toute l’intervention. Et saviez-vous quoi? Ils le conservent numériquement! Ils n’imprimeront pas toute la réparation et ne l’enverront pas aux « archives ».

Où commencer?

Je crois que la numérisation des dossiers médicaux devrait se faire en petits pas. Il y a trop d’intervenants et trop de manières de procéder. Je vais dans le sens des propos de Patrice Caron lors de son intervention au WebCamp du 16 juin dernier. Il va falloir plutôt implanter des standards et des formats ouverts. Aux États-Unis, un organisme a été créé pour imposer des standards communs dans l’industrie médicale. Au Québec, il existe un projet en cours qu’on nomme le Dossier de santé du Québec (DSQ). J’ignore toutefois la progression de ce dossier, je ne suis pas un expert en la matière.

Que penses-vous de cet enjeu? Avez-vous les mêmes inquiétudes que moi lorsque vous faites affaires avec le milieu médical? Travaillez-vous sur le DSQ? Si oui, où en sommes-nous rendus?