Article sur l'adoption du cloud computing en entreprise au Québec

J’ai été interviewé il y a une ou deux semaines par Julien Brault pour un article sur le « cloud computing » et de son adoption au sein de l’entreprise au Québec dans le Journal les Affaires. L’article explique bien le phénomène et met en vedette un de mes clients, Disques RSB, avec qui j’ai donné un coup de main avec son intégration avec la solution CakeMail.

Disques RSB a pris le virage vers l’information en nuage en adoptant Google Apps pour le courriel, l’agenda et le partage de documents. Ils utilisent aussi Salesforce pour la force de vente et l’équipe d’Hugo Bouchard ont créé des petites applications astucieuses sur Force.com, le segment PaaS (Platform-as-a-Service) de Salesforce.

Le retard numérique du Québec : passons à l'action SVP

Je suis un des premiers à reconnaître le retard numérique qu’il y a au Québec. On se renseigne des réalisations technologiques avant-gardistes à l’étranger et on est toujours déçus de voir à quel point il est difficile à répéter ces succès au Québec. Ces derniers jours, j’ai vu réapparaître des manifestes idéologiques sur cette problématique (1, 2). Mais, j’en ai assez de ces initiatives utopiques qui ne font qu’alimenter les discussions entre initiés. Sortons de ce cercle fermé.

C’est une problématique de vase clos. Les natifs du numérique sont ceux qui sont nés avec un clavier dans les mains. De l’autre côté, les immigrants du numérique ont acquis ces nouvelles connaissances au cours de leur vie d’adulte. Ils sont souvent séparés par une ou deux générations. Les classes sociales jouent aussi souvent dans la segmentation. Ça prend du fric pour se payer des cossins numériques (ordinateur, accès internet haute vitesse, iPhone, BlackBerry, etc.).

Pour influencer un autre groupe, il faut l’atteindre et l’intégrer. On peut publier de superbes textes et vidéos sur un site web impeccable, mais ce n’est pas assez. S’ils le lisent en ligne, ça signifie qu’ils ne sont pas si en déphasés que ça. Ils n’y sont pas, vous le saviez?

Prenons, l’exemple de Luc Gendron. Il prend le temps d’inviter un dirigeant de PME à tous ses événements de réseautage web Focus 20. Il fait l’effort de mêler les deux solitudes. C’est tout à son honneur. C’est ça de l’action concrète. D’ailleurs, il est revenu sur cet aspect dans un billet sur son blogue.

Je connais aussi un entrepreneur qui a pris une approche très radicale au développement des affaires. Lorsqu’il idéalise un concept d’application en ligne pour un client, il ne va pas proposer l’idée à ce dernier. Il développe carrément une preuve de concept fonctionnelle. Il prend rendez-vous avec le client avec un prototype interactif déjà utilisable. Il perd sûrement du temps parfois à fonctionner ainsi, mais certaines de ses initiatives sont devenues des contrats. C’est difficile d’être incrédule face au fait accompli.

Je ne crache pas sur lesdits manifestes, mais cessons de pleurnicher entre nous et atteignons ceux qui peuvent faire réellement une différence.

Voici des actions que vous pouvez poser qui risquent de faire une réelle différence :

Rencontrez vos élus

Si vous considérez que le gouvernement fédéral ou provincial est à la remorque, prenez rendez-vous avec votre député ou conseiller municipal. Si vous n’avez jamais exprimé vos idées à votre élu, c’est bien normal que ça ne se soit jamais rendu plus loin que ça. Établissez le contact.

Proposez des idées novatrices

Cessez de réaliser uniquement les idées conservatrices de vos clients ou de votre patron. Proposez vos idées novatrices. Si vous êtes un natif numérique, ça devrait venir naturellement. Si on ne les retient pas, demandez pourquoi. Défendez-les! Développez votre argumentaire. Armez-vous d’exemples.

Plaignez-vous directement

Si une entreprise n’a pas de site web, dites-leur! Plaignez-vous à eux. Si vous ne trouvez pas ce qu’il vous faut sur leur site. Plaignez-vous à eux. Cessez de chialer sur Twitter, ils ne lisent pas ça. Vous trouvez que la bande passante internet est trop cher et trop lente? Dites-le directement à votre fournisseur sans détours.

Avez-vous d’autres idées d’actions à poser? On s’active!

Assistez au 1er CloudCamp à Québec

L’intérêt grandissant envers cette nouvelle méthode de livraison des services informatique par le web nous a encouragés à organiser un 1er CloudCamp dans la Ville de Québec. J’ai le plaisir d’annoncer que ce premier camp au lieu le 27 octobre à 13:00 à la nouvelle Brasserie La Korrigane sur la rue Dorchester dans le quartier St-Roch. Entrée est gratuite et l’inscription est limitée aux 75 premières personnes (capacité de la salle choisie).

Formule barcamp

Ceux qui ont déjà assisté au WebCamp organisé depuis 2 ans au printemps connaîtront un peu plus la formule d’un barcamp. J’ai cru bon de créer ce camp plus spécifique et plus niché pour réunir ceux que ça intéresse. Voici une bonne description d’un barcamp chez Wikipédia :

Un BarCamp est une rencontre, une non-conférence ouverte qui prend la forme d’ateliers-événements participatifs où le contenu est fourni par les participants qui doivent tous, à un titre ou à un autre, apporter quelque chose au Barcamp.

C’est le principe pas de spectateur, tous participants.

(…)

Les BarCamps en pratique

Le cadre procédural d’un BarCamp peut varier d’un lieu à un autre en respectant le double principe de la « non-conférence » et du « tous participants ». Dans le modèle initial, le Barcamp commence par une présentation des participants sous la forme d’un tour de table où chacun donne son nom, son appartenance (entreprise, association), s’il en a une, et trois mots-clés qui permettent de cerner ses centres d’intérêt. Ensuite les participants sont invités à inscrire le thème qui les intéresse sur une grande feuille de papier qui sera ensuite affichée au mur. Cela prend la forme d’un tableau matriciel avec d’un côté les salles ou tables disponibles, de l’autre les créneaux horaires. Tous les participants sont encouragés à présenter un projet ou à aider lors d’une intervention. Pour préparer les Barcamp et permettre d’en assurer le suivi, il est conseillé d’inscrire à l’avance les sujets que l’on voudrait discuter sur la page wiki du Barcamp et il est demandé à chacun de partager les informations et les expériences reçues lors de l’événement, tant pendant celui-ci qu’après, grâce notamment aux canaux internet publics, aux blogs, au partage de photos, aux wikis, aux blogrolls et aux logiciels de messagerie instantanée.

Tout le monde peut initier un BarCamp, en utilisant le wiki des BarCamps ou en créant sa propre branche. La participation est gratuite et généralement limitée par les seules contraintes d’espace. Cependant, les participants doivent s’inscrire à l’avance. (…)

Néanmoins, les BarCamps dépendent souvent, outre la bonne volonté des organisateurs, de la générosité des sponsors. Donc du prêt des locaux et de la fourniture d’une connexion internet fiable, jusqu’aux boissons et repas.

Formule propre au CloudCamp

Les CloudCamp proposent un format varié et intéressant. Les « Lightning Talks » ressemblent beaucoup aux présentations standard de la formule barcamp. Les sujets sont proposés et choisis sur place.

La seconde partie, « Unpanel » est une table ronde formée d’experts sélectionnés sur place parmi les participants. Les sujets sont proposés par les participants et inscrits sur un tableau. Le modérateur demande alors aux experts de faire part de leur opinion sur chacun des sujets.

La dernière portion du camp est les « Breakout Sessions ». Les participants forment 3 groupes d’intérêt. Pour cette édition, je propose que nous formions des groupes représentant les 3 segments de l’offre en cloud computing :

  • IaaS - Infrastructure-as-a-Service (Machines virtuelles)
  • PaaS - Platform-as–a-Service (Environnement d’hébergement d’application prêt à être utilisé)
  • SaaS - Software-as-a-Service (Applications web complètes)

Les sujets recevables

Le CloudCamp doit se limiter au Cloud Computing. Le Cloud Computing comprend tous ces aspects :

  • Applications web complètes disponibles à l’utilisation (SaaS)
    • Applications intéressantes et novatrices
  • Environnements d’hébergement d’applications (PaaS)
  • Serveurs virtuels disponibles en ligne à distance (IaaS)
  • Cloud privé (private cloud)
  • Sécurité informatique
  • Gestion du changement dans les départements TI

Endroit

Brasserie la Korrigane
380, rue Dorchester
Québec (Québec)
G1K 6A7
Canada


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Inscription

Rendez-vous sur le page d’inscription sur EventBrite en cliquant sur le bouton ci-dessous :

Register for CloudCamp Quebec Oct 27, 2010 in Quebec, Canada  on Eventbrite

Soutien financier et commandites

Cette événement est gratuit pour tous les participants. Si vous voulez soutenir la tenue de cet événement, veuillez communiquer avec moi pour connaître les plans de commandite abordables mis à votre disposition.

Gouvernement ouvert : le Québec peut-il offrir ses données sur le web?

par Shawn Zehnder Lea

La loi sur l’accès à l’information du Québec garantit un accès à la plupart des renseignements gouvernementaux, et ce, pour tous les citoyens qui en font la demande. Comment cette loi, à l’ère du numérique, peut-elle s’articuler afin que l’information soit directement disponible sur le Web ?

Qu’est-ce qu’un gouvernement ouvert?

Il s’agit avant tout d’une doctrine politique qui stipule que les données produites par un gouvernement et son administration publique doivent être le plus largement disponibles et accessibles à tous les citoyens. Un gouvernement détient généralement deux types d’informations : les jeux de données personnelles et les jeux de données anonymes.

Jeux de données personnelles

Composés de données nominatives sensibles (noms, prénoms, adresses, dates de naissance, numéros d’assurance social, etc.), vous comprendrez que ces jeux de données ne peuvent être divulgués, question de respect de droit à la vie privée.

Jeux de données anonymes

Composés des informations relatives aux statistiques, données électorales, données géographiques et états financiers du gouvernement, ces jeux de données sont ouverts et accessibles en vertu de la Loi sur l’accès à l’information.

Exemples de gouvernements ouverts

Du côté des pays on retrouvera l’Australie, les États-Unis, la Nouvelle-Zélande et le Royaune-Uni, tandis que du côté des villes, on retrouvera Edmonton, Nanaimo, Toronto et Vancouver.

Ceci étant dit, qu’est-ce que la chose implique technologiquement parlant pour un gouvernement d’ouvrir ces jeux de données anonymes ?

Format et publication automatique

Dans un gouvernement ouvert, les données librement offertes doivent être fournies sous un format ouvert et indépendant de plateforme. Le format doit être lisible par ordinateur. On parle alors de fichiers XML, CSV, KMZ/KML, etc. Ici, les formats d’impression comme PDF ou DOC sont à proscrire.

Dans le meilleur des mondes, les données d’un gouvernement ouvert sont automatiquement disponibles sur le web. Nul n’a besoin d’en faire la demande à chaque utilisation. Si les données voulues n’y sont pas, un formulaire mis à la disposition de l’internaute permet de demander la publication automatique de ce jeu de données manquant.
Vous aurez vite compris que ce modèle est un idéal à viser pour un gouvernement qui désire communiquer ouvertement avec sa population. Par contre, qu’en est-il exactement de situation au Québec en fonction de la Loi sur l’accès à l’information ?

Au Québec, on pourrait être aussi ouvert

À ma question « La Loi sur l’accès à l’information oblige-t-elle les Ministères et organismes à fournir les données dans un format électronique et réutilisable par un logiciel ? », maître Catherine Morissette de Québec m’a gentiment fourni un avis juridique à ce sujet.

L’obligation pour les organismes publics de rendre disponible sur Internet certains documents devant être accessible au public a été introduite par l’article 16.1 de la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels (ci-après la Loi sur l’accès). Cet article a été ajouté par le projet de loi 86, au printemps 2006. Il est entré en vigueur en 2007.

Il se lit comme suit :

16.1. Un organisme public, à l’exception du Lieutenant-gouverneur, de l’Assemblée nationale et d’une personne qu’elle désigne pour exercer une fonction en relevant, doit diffuser, dans un site Internet, les documents ou renseignements accessibles en vertu de la loi qui sont identifiés par règlement du gouvernement et mettre en œuvre les mesures favorisant l’accès à l’information édictées par ce règlement.

Le projet de loi 86 faisait suite à une consultation générale s’intitulant : Une réforme de l’accès à l’information : le choix de la transparence, qui a eu lieue du 13 au 28 septembre 2005. Ce projet de loi donnait suite à un rapport de la Commission de la culture déposé à l’Assemblée nationale en mai 2004.

Cependant, la réponse précise à la question se trouve dans la Loi concernant le cadre juridique des technologies de l’information à son article 2 qui stipule ceci :

2. À moins que la loi n’exige l’emploi exclusif d’un support ou d’une technologie spécifique, chacun peut utiliser le support ou la technologie de son choix, dans la mesure où ce choix respecte les règles de droit, notamment celles prévues au Code civil.

Ainsi, les supports qui portent l’information du document sont interchangeables et l’exigence d’un écrit n’emporte pas sur l’obligation d’utiliser un support ou une technologie spécifique.

Comme la Loi sur l’accès ne précise pas le format devant être utilisé, on peut éventuellement considérer que les organismes ne contreviennent à aucune loi en rendant disponibles sur internet les documents en format d’impression.

Quant au respect de l’esprit de la Loi, au moment de l’adoption de l’article 16.1, aucun député n’a soulevé la question des nouvelles technologies. Elle a également vérifié quels organismes avaient déposé des mémoires lors des consultations et il n’y en avait pas dans le domaine de l’informatique.

Soulignons que le principe de la divulgation automatique (le fait de mettre systématiquement en ligne les documents pouvant faire l’objet d’une réponse positive à une demande d’accès à l’information) était en soit une grande avancée aux yeux du gouvernement à ce moment-là.

Le Québec accuse donc un retard en cette matière.

En vérifiant un peu plus loin, il y a cet article intéressant dans la Loi concernant le cadre juridique des technologies de l’information :

23. Tout document auquel une personne a droit d’accès doit être intelligible, soit directement, soit en faisant appel aux technologies de l’information.

Ce droit peut être satisfait par l’accès à une copie du document ou à un document résultant d’un transfert ou à une copie de ce dernier.

Le choix d’un support ou d’une technologie tient compte de la demande de la personne qui a droit d’accès au document, sauf si ce choix soulève des difficultés pratiques sérieuses, notamment en raison des coûts ou de la nécessité d’effectuer un transfert.

C’est le 3e paragraphe qui est intéressant. Cela voudrait dire que si le fait de transmettre un document sous un format informatique n’était ni coûteux ni compliqué, la demande de la personne de l’obtenir sous ce format devrait être respectée par l’organisme. Si l’organisme refuse, il serait possible d’exiger des explications sur ce refus. Ce serait une expérience intéressante à tenter.

Comment rendre le Québec véritablement ouvert?

Il est clair que les lois québécoises n’empêchent pas l’accès aux données ouvertes, ce qui est déjà une très bonne chose et même une avancée par rapport à plusieurs gouvernements. Par contre, on comprendra que l’étape suivante est la publication automatique, et ce, dans un format numérique universel. Maintenant, que devez-vous faire en tant que citoyen pour que cette pratique se répande dans la fonction publique ?

  • Si vous avez besoin d’un jeu de données ouvertes, faites-en la demande à l’organisme public concerné. Exigez un format informatique et des mises à jour récurrentes. Ça pourrait être accepté et mis en place. Il suffit de demander parfois. Si c’est refusé, vérifiez si ce refus va à l’encontre de la loi.
  • Parlez-en aussi à vos élus. Les dossiers politiques concernant l’informatique n’ont pas beaucoup de rayonnement. Plusieurs députés, comme la plupart des citoyens, s’y connaissent très peu en informatique. C’est le temps qu’ils s’y intéressent. Les dépenses en TI au Gouvernement du Québec totalisent environ 2 milliards de dollars par année.
  • C’est facile de rencontrer son député. Ce genre de sujet apolitique et relativement d’avant-garde risque de l’allumer et de l’intéresser.
  • L’informatique et le web sont des enjeux politiques majeurs de notre époque. Des initiatives comme le gouvernement ouvert, le gouvernement 2.0 et le ChangeCamp sont justifiées et influenceront l’agenda politique dans les années à venir.