Voyage dans le temps

François Taddei vient de me faire découvrir cette perle. Voici l’émission Octo-Giciel diffusée sur les ondes de Radio-Québec en 1985. C’était la première émission de télévision consacré à l’informatique au Québec. Elle était animée par François Trottier et Lise Payette. Lise Payette jouait l’apprenti de François Trottier.

Dans l’extrait qui suit, on peut voir Lise Payette programmer en BASIC.

Dans la même ordre d’idées, François a commencé à placer sur YouTube les archives des séries Micro-Info et Micro-Info 2.0 qu’il a animés entre 1995 et 2003. Il m’a fait plaisir en publiant l’émission en 2003 où j’ai présenté mes sites Emissions.ca et Retrouvailles.ca.

Fait intéressant, le site Emissions.ca avait été créé initialement dans le cadre d’un cours au Collège François-Xavier-Garneau. Cette émission fut enregistrée dans le même établissement exceptionnellement car les studios de VOX était indisponibles.

Bon visionnement et vive les vieilleries! :-)

Le cloud et Steve Jobs

À travers les différents témoignages entendus depuis l’annonce du décès du cofondateur d’Apple, j’ai entendu souvent parler de sa vision remarquable de l’avenir des technologies. On a souligné dans les médias que sa stratégie des dernières années laissait plus de place à l’internet. Ce réseau allait devenir le point focal de tous les dispositifs technologiques (ordinateurs, tablettes et téléphones).

Steve Jobs entrevoyait un accroissement des points d’accès internet sans fil et un accès rapide à internet en mobilité dans les années à venir. Cette ubiquité d’internet partout où l’on va amène des possibilités techniques auparavant inimaginables. Si on peut accéder rapidement à l’internet n’importe où, ça rend viable les services informatiques à distance.

Cette vision a permis à Mobile.Me de naître pour se métamorphoser aujourd’hui dans le iCloud d’Apple. Ce service en nuage deviendra le noyau de l’expérience Apple. Il sera le point d’ancrage de vos données. Vos différents appareils s’y référeront pour s’alimenter et s’échanger des données entre eux. D’ailleurs, le caricaturiste YGRECK s’en est inspiré avec brio pour illustrer Steve Jobs au ciel (je le remercie de m’avoir permis de la réutiliser ici).

Bref, si Steve Jobs voyait le cloud dans sa soupe, ça me rassure personnellement. En me spécialisant là-dedans depuis 2008, j’avais pris un risque. Ça m’apaise de savoir que le grand Jobs y croyait aussi au nuage.

Au revoir M Jobs et j’espère que le cloud est encore plus beau de là-haut.

J'ai visité un vrai Colosse de l'informatique

Colosse Supercomputer

J’ai eu la chance la semaine passée de faire la visite du superordinateur Colosse de l’Université Laval dans le cadre du 5e anniversaire de l’AQIII à Québec. Installé en 2009 dans l’ancien accélérateur de particules Van de Graaff désaffecté du pavillon Vachon. Ce qui est fascinant dans cette installation, les chercheurs se sont servis de la disposition cylindrique de la tour en béton pour faire circuler l’air réchauffé vers le haut par l’intérieur. Les prises d’air des machines sont situées dans les corridors extérieurs. Autant dans les sections chaudes et froides, l’air circule librement dans le silo grâce à des planchers de grilles.

Cette configuration verte a permis à l’Université Laval d’être parmi les gagnants du concours international Green 15 organisé par InfoWorld. La chaleur produite par l’ordinateur servira à chauffer le pavillon voisin. Voici un extrait d’une nouvelle sur le site de développement durable de l’université.

L’efficacité énergétique du supercalculateur résulte de la mise à profit de la forme cylindrique de l’ancien accélérateur de particules. Plutôt que d’aligner les serveurs en rangées, comme c’est généralement le cas pour les ordinateurs de ce genre, le responsable du projet et professeur à la Faculté des sciences et de génie de l’Université Laval, Marc Parizeau, a eu l’idée de disposer de façon concentrique, sur deux étages, les quelque 8000 unités de traitement formant le cœur informatique de Colosse. Cette conception unique, qui permet la circulation d’air à basse vélocité et sans turbulences, réduit de 50 % les coûts de refroidissement du superordinateur, soit une économie d’environ 1,5 million de kWh annuellement par rapport à un équipement informatique au design traditionnel. De plus, la chaleur émise par le superordinateur, qui équivaut à 4000 ampoules de 100 watts, est récupérée et dirigée vers le système de chauffage des immeubles du campus. « Il n’y a pas d’ordinateurs tout à fait verts, mais notre installation compte parmi les plus efficaces au monde sur le plan énergétique, comme en témoigne le prix qui nous a été remis », souligne le professeur Parizeau.

On a été bombardé de données quant à sa configuration et ses performances. J’ai retenu un peu d’information. Le refroidissement est au sous-sol. L’étage supérieur contient les racks pour le stockage (SAN). L’étage suivante comprend les unités de traitement (CPUs). Chaque noeud est installé avec Linux CentOS 5.4. L’utilisateur indique à un répartiteur combien de noeuds il requiert pour son traitement. Le câblage Infiniband est très rapide, dispendieux (3000 $ par câble) et très fragile à manipuler.

Colosse est une grappe de calcul comportant 960 nœuds de calcul et 40 nœuds d’infrastructure. Ces nœuds sont tous constitués d’une paire de processeurs Intel Nehalem-EP possédant chacun quatre cœurs de traitement et 24 gigaoctets de mémoire RAM. Au total, Colosse comporte donc 8000 cœurs et 24 téraoctets de mémoire. Tous les nœuds sont reliés par une réseautique haute performance de type Infiniband QDR dont la vitesse nominale est de 40 gigabits/sec. Les nœuds d’infrastructure sont également reliés entre-eux et avec le monde extérieur par une réseautique de type 10-gigabit ethernet. Parmi ces nœuds d’infrastructure, la moitié sont consacrés au système de fichier parallèle Lustre dont la capacité utilisable atteindra 1 pétaoctet lorsqu’il sera totalement déployé. Sa capacité initiale est de 500 téraoctets.

via Quelles sont les spécifications de Colosse?

Colosse Supercomputer

Colosse Supercomputer

À l’heure actuelle, le centre de données est utilisé au tiers de sa capacité en pieds carrés. Les équipements électriques et de refroidissement sont tout de même prévus pour une occupation à 100 %. Il peut donc tripler en capacité si l’argent est disponible. J’ai appris pendant la visite que du temps de traitement sur Colosse peut être loué par le privé. Il suffit de communiquer avec les responsables si vous avez besoin d’une capacité de traitement exceptionnelle.

Mise à jour 2011-03-03 : Une vidéo Youtube produite par l’Université Laval présente ce projet de supercalculateur:

Cessons de s'extasier devant le iPad

crédit Johan Larsson

David Gerwitz de ZDNet a écrit un article qui remet les pendules à l’heure avec le iPad. Pourtant, ZDNet a couronné le iPad comme la technologie de l’année 2010. J’utilise un iPad depuis le mois de juin. J’ai eu en masse de temps pour l’apprivoiser et m’en faire une opinion éclairée. Le iPad était le premier produit Apple qui a fait son entrée chez moi. Toutefois, je ne suis pas tout à fait satisfait du iPad.

Avant tout, il faut avouer que c’est un produit bien conçu et très stable. Les deux points forts sont la durée de la batterie et la rapidité de l’interface. En tant qu’utilisateur d’un portable et un netbook Toshiba, j’ai toujours été déçu de la durée de leur batterie. Quant à la rapidité, j’utilise un BlackBerry Storm avec l’OS 5 de RIM et c’est terriblement plus lent et instable que l’interface iOS d’Apple.

Après 6 mois d’utilisation, je réalise que cet appareil n’est pas conçu pour un informaticien. Il est avant tout conçu pour un débutant. Mon plus grand irritant est le semblant de multitâche et le faible niveau d’interaction entre les applications. On doit régulièrement quitter une application pour entrer dans une autre. Il y a peu de liens entre chacune d’elles. L’apparition du multitâche dans la version 4.2 du iOS est de la poudre aux yeux. La très grande majorité des applications continue de perdre leur état lorsqu’on revient à elles. Même si elles sont dans la barre de tâches, quand on clique sur leur iĉcône, elles se rechargent comme auparavant. Certaines applications sont mieux conçues et sauvegardent assez bien leur état, mais on doit tout de même attendre leur chargement en mémoire pour enfin les utiliser. Lorsqu’on veut copier-coller entre deux applications, c’est un emmerdement majeur. C’est une opération hasardeuse et vous risquez de perdre l’état de la page web dans le fureteur Safari ou celle dans l’application Friendly pour consulter Facebook.

Malgré la haine que j’ai développée pour mon BlackBerry, ce problème n’existe pas du tout avec lui. Les applications sont chargées simultanément et elles ne perdent jamais leur état. Certaines applications semblent mises en veille et semblent figées en arrière-plan dans la mémoire vive de l’appareil. Ça peut devenir un défaut, car sa mémoire devient vite saturée et une lenteur s’installe sur l’appareil. Je dois donc le redémarrer tous les matins pour qu’il fonctionne bien pendant la journée.

L’autre point qui m’irrite énormément est la navigation. L’architecture du iOS favorise le développement d’applications natives et installées sur l’appareil. Je comprends cette décision dans la mesure que les interfaces web offrent normalement moins d’interactivité. Toutefois, sur ces appareils on perd complètement le concept de « forward navigation » (navigation avant). Exemple, lorsqu’on clique une URL YouTube dans un courriel, on nous balance dans l’application native YouTube de l’appareil. Il n’y a ensuite pas moyen de revenir à la page où l’on était. On doit quitter l’application et revenir dans celle qu’on était. Toutefois, on revient avec le même problème de sauvegarde de l’état précédent. Certaines applications vont vous faire perdre où vous étiez. Pourtant, le bouton « back » du BlackBerry existe depuis longtemps et il permet de revenir à l’application précédente. Par exemple, j’utilise Gmail adapté pour Safari et l’iPad. Lorsque je reviens à cette page dans Safari après avoir navigué un peu, elle est régulièrement rechargée complètement et je perds le courriel sur lequel j’étais. C’est encore plus frustrant si on est en pleine rédaction d’un commentaire dans un blogue ou un formulaire sur un site web. Si on a le malheur de quitter la page pour chercher une information ailleurs, on risque de perdre notre saisie non sauvegardée.

Pour revenir à M. Gerwitz, voici ce qu’il avait à dire sur le iPad :

Mais dans une année qui a vu le « cloud computing » grandir au point qu’il peut fournir pour 525 $ un 2048-cluster de base en 45 minutes, il y a clairement des technologies innovantes qui vont bien au-delà d’un iPhone bonifié d’un écran plus grand.

C’est en réalité ce qu’un iPad est. Il s’agit d’un iPhone avec un écran plus grand – moins le téléphone et l’appareil photo. Certes, l’iPad est portatif et pratique, mais il est très limité.

Il dresse une liste de 9 raisons pour lesquelles il ne recommande pas l’achat d’un iPad pour Noël à vos proches. Les voici :

  1. Le iPad 2 est prévu dans quelques mois et aura l’architecture améliorée du iPhone 4
  2. Il n’y a aucun port USB
  3. Vous êtes obligé d’utiliser iTunes pour le connecter avec votre ordinateur
  4. Il n’y a pas façon de synchroniser vos favoris dans fureteur web
  5. Le Kindle d’Amazon est beaucoup moins cher
  6. Le WiFi n’est pas fiable
  7. Vous devez utiliser le logiciel approuvé par Apple
  8. Il n’y a aucune caméra
  9. Il ne peut être utilisé comme un appareil seul, il doit être activé par un ordinateur avec iTunes

J’ajouterais les points supplémentaires :

  1. L’interface est inefficace pour un utilisateur aguerri
  2. La majorité des applications perdent leur état dans le multitâche
  3. Aucune « forward navigation » entre les applications
  4. Le clavier large à l’écran est peu ergonomique quand on tient l’appareil avec ses deux mains
  5. L’appareil est légèrement trop lourd et ça devient fatigant à la longue de le tenir à bout de bras
  6. L’interface du App Store est très mal faite et ne permet pas facilement la découverte d’applications utiles

En conclusion, je recommande le iPad à ceux qui ne sont pas trop à l’aise avec l’informatique et n’ont pas besoin de contrôler beaucoup leur environnement de travail. Par contre, si vous êtes un utilisateur de technologie expérimenté, vous allez peut-être vous sentir contraint par l’interface bonbon et le manque de liberté imposé par la philosophie du fabricant Apple. J’aurais voulu utiliser davantage le fureteur web pour accomplir mes tâches quotidiennes puisque la majorité de mes applications sont disponibles directement sur le web sous le modèle SaaS. Toutefois, Apple semble mousser davantage l’installation d’applications natives directement sur l’appareil. C’est une solution de son époque, mais qui à mon sens, sera révolue d’ici quelques années. Si vous hésitez, continue à le faire. Plusieurs fabricants travaillent très fort pour mettre en marché des produits supérieurs à celui-ci.