Logiciels libres à l'Assemblée nationale: enfin les TI dans l'espace politique!

Pour donner suite à la victoire de Savoir-Faire Linux sur la RRQ, les groupes d’opposition ont voulu un engagement du gouvernement libéral à ne pas porter cette cause en appel. Je trouve ça surréaliste et rassurant de voir un débat technologique dans cette enceinte. Un vrai plaisir à regarder. Je salue Gérard Delltell de l’ADQ et Marie Malavoy du PQ d’avoir posé ces questions.

Dépenses en TI au gouvernement : dans les milliards

Selon différentes sources, les dépenses en technologie de l’information au gouvernement du Québec représentent environ 1,2 milliard à 2 milliards par année. Il est difficile d’avoir le chiffre exact, car chaque ministère et organisme a son propre poste budgétaire en TI. Même si le CSPQ regroupe certains services, cet organisme refacture les clients gouvernementaux.

Les TI doivent être présentes dans l’espace politique

Les projets en informatique sont mentionnés dans la période de questions seulement lorsqu’il y a dépassement, et ce, souvent après un rapport du vérificateur général. Les dépenses en santé, en éducation et en transport sont omniprésentes dans l’espace politique, mais il serait très important pour les politiciens de tous les partis à prendre leurs responsabilités à s’y intéresser.

Les TI représentent des sommes importantes. Les choix des types de projets et leurs orientations technologies peuvent influencer grandement la qualité de prestation de services aux citoyens. En somme, mêlez-vous de vos affaires, chers députés.

Mise à jour 23:00 : On m’a signifié que Marie Malavoy a amené cette question habillement à la Ministre Gagnon-Tremblay lors de l’étude des crédits pour le Conseil du Trésor.

Le secrétaire associé, Alain Parenteau fait fausse route dans ses explications. Les logiciels modernes sont en très grande majorité interopérables. Il a déjà de toute façon des impacts quand on met à jour une version d’un même logiciel. Faut pas que les députés prennent ce genre d’explications comme du cash.

Aussi, la réponse de la Ministre Gagnon-Tremblay sur une politique officielle en faveur des logiciels libres n’a pas de lien avec la question de Mme Malavoy. On ne jette pas à la poubelle ce qu’on a payé pour. Il faut en intégrer lorsqu’il y a besoin de renouveler les systèmes.

Victoire de la libre concurrence face aux vieilles pantoufles

Je tiens à saluer la victoire de Savoir-Faire Linux face à la Régie des rentes du Québec. J’ignore si c’est une peur de changement, de la paresse ou un lobby corporatif très puissant qui a amené la RRQ à octroyer ce contrat sans appel d’offres. Une chose est certaine : cette décision fera jurisprudence. J’espère qu’on fera à compter de maintenant de réels efforts d’analyse de solutions alternatives. L’industrie des TI change très rapidement et l’offre sur le marché se renouvelle constamment. Il faut sortir de ses vieilles pantoufles parfois et regarder ce qui se fait ailleurs.

Toutes les solutions modernes sont interopérables. Ce n’est plus risqué qu’auparavant de migrer vers d’autres plateformes ou solutions. La montée du web a soufflé un vent de standardisation à travers l’industrie des TI. Les logiciels doivent être compatibles entre eux sinon ça sera leur mort.

Pour en savoir plus sur le jugement:

MAJ 2010-06-07 : Cyrille Béraud de Savoir-Faire Linux a fait un billet et a reçu une pluie de commentaires.

J'appuie Cyrille Béraud et la libre concurrence

Le procès opposant Savoir-Faire Linux à la Régie des rentes du Québec débutait hier. Cyrille Béraud, CEO de Savoir-Faire Linux, poursuit le gouvernement du Québec pour avoir acheté 720 000 $ de licences de logiciel directement de la compagnie américaine sans appel d’offres. La RRQ prétend que cet achat était une simple mise à jour alors que M. Béraud affirme que la Régie aurait pu implanter le système d’exploitation Linux avec logiciel OpenOffice sur ses postes de travail. Soit deux logiciels entièrement gratuits.

J’ai observé ce dossier avec un regard d’informaticien et celui d’un contribuable. L’informaticien en moi me permet de valider les dires des deux partis. Jusqu’à ce jour, la RRQ n’a pas émis aucun avis depuis cette poursuite. J’ai bien hâte de connaitre leur position et quels arguments qu’ils utiliseront pour justifier cet achat.

Je suis curieux, car je ne comprends pas comment ils le feront. J’ai passé à OpenOffice en 2008. Cela fait 2 ans. Je collabore avec plusieurs personnes qui n’utilisent pas cette suite de bureautique. Malgré tout, je n’ai vécu aucun problème de compatibilité avec quiconque. Aussi, l’interface graphique était très similaire. J’ai retrouvé toutes les fonctionnalités que j’avais dans Microsoft Office incluant les plus avancées.

Pour ce qui est de Windows vs Linux. Dans le cadre d’un ordinateur de bureau, je n’ai eu aucun problème d’adaptation. On a accès à tous les logiciels imaginables directement dans la distribution. La seule personne insatisfaite de Linux dans mon entourage est mon fils qui ne peut plus jouer ses jeux PC sur mon portable. J’ose espérer que la comptabilité des jeux ne sera pas un argument de la défense dans ce procès.

Avec ces conclusions, je considère que les prétentions de Cyrille Béraud sont entièrement fondées. Je l’appuie ouvertement et je souhaite qu’il obtienne gain de cause. Dans le contexte d’un gouvernement déficitaire, je souhaite plus d’imagination et de courage aux gestionnaires en TI au gouvernement du Québec pour trouver des solutions modernes avec un ratio cout-efficacité plus élevé.