Des militants du PQ veulent un gouvernement ouvert

J’ai été agréablement surpris de découvrir une initiative de gouvernement ouvert chez des militants du Parti Québecois hier soir. Sylvain Carle l’a partagé sur Twitter. Ils veulent intégrer une philosophie de gouvernement ouvert dans le prochain programme du PQ. On parle des formats ouverts de données pour éviter l’enfermement propriétaire de ces derniers. Ceci dans le but d’éviter les monopoles et la perte de contrôle de ses propres systèmes informatiques.

Voici principaux points :

  1. L’utilisation des standards ouverts
  2. L’accès libre aux données du gouvernement du Québec
  3. Des initiatives favorisant le développement de l’expertise québécoise en technologies de l’information

Je suis un sympathisant d’aucun parti politique. Mais, je salue cette initiative qui me parait comme un pas dans la bonne direction. Toutefois, il faut voir si cela sera effectivement pris au sérieux par leur parti. Je le souhaite et je vais surveiller ça dans les mois à venir.

Voici une vidéo qui explique bien la philosophie derrière ça :

Je vous invite à lire des billets que j’ai déjà écrits sur ce sujet:

Le coût de tout vouloir repenser et de se croire si différent des autres

Faire différent des autres: une pomme dans un groupe de mandarines

L’autre jour j’ai écrit sur les dépassements de coût des projets au gouvernement et dans les grandes corporations dues à la dette technique des systèmes patrimoniaux en place dans ces organisations. Toutefois, il existe plusieurs raisons pour ces dépassements. Saviez-vous qu’au Québec, on aime tout repenser et laisser de côté les solutions reconnues de l’industrie?

Ce matin, j’apprends plus sur les dépassements majeurs dans le projet RITEM au Ministère de la Santé. En 1997, le réseau WAN privé RTSS a été créé pour relier les divers établissements d’hôpitaux. Ce premier réseau est très maintenant lent et avait été pensé pour transférer uniquement des données texte comme des courriels.

Toutefois, comme vous le savez, depuis longtemps, les données photo et vidéo font maintenant partie d’une documentation numérique normale. Le réseau actuel atteindrait une vitesse maximum de 3 Mb/s. Pour comparer, votre connexion internet à la maison en ADSL est à 5 Mb/s et les modems câble DOCSIS offrent des vitesses de 7,5, 10, 30 et 50 Mb/s!

Le projet RITEM avec un « M » pour « multimédia » est conçu pour augmenter la bande passante. Le hic dans ce projet et celui qu’il tente de remplacer, c’est qu’il est privé. Le Ministère fait installer des liens de connectivité dédié et privé entre ses établissements. Selon le Dr Gaétan Barrette de la Fédération des médecins spécialistes qui était affecté lui-même au dossier RTSS dès le début, les spécialistes en informatique craignaient trop les bris de sécurité. Ce choix est extrêmement coûteux. Il n’est rarement une option dans l’industrie.

L’utilisation de protocoles ou tunnels virtuels sécurisés sur internet est très fréquente. Plusieurs entreprises qui manipulent des données confidentielles, souvent plus confidentielles que dans les hôpitaux, utilisent l’internet pour s’échanger des informations. Ils communiquent entre leurs succursales à l’aide de leur connexion normale vers internet.

Les technologies VPN, stunnel et beaucoup d’autres permettent une sécurité très élevée en utilisant les liens de transport public d’internet. Un véritable gaspillage à mon avis. Tout laisse croire que cette décision a été très mal avisée.

Je vous invite à écouter le reportage suivant du journaliste Marc-André Boivin de l’émission de Bouchard en parle au FM 93.

[wpaudio url="http://evollia.com/wp-content/uploads/2010/06/Bouchard_RITEM.mp3" text="Projet RITEM Bouchard en parle FM 93"]

Aussi, Denis Lessard, le seul journaliste au Québec qui s’intéresse aux contrats TI éléphantesques au gouvernement, a fait aussi un article à ce sujet.

Après l’internet, on a maintenant besoin de l’intercloud

L’internet a amené la possibilité que les réseaux informatiques isolés soient interconnectés. L’avènement du cloud computing a règlé plusieurs problèmes de capacité, de fiabilité et de couts, mais ça l’amène un problème de cloisonnement, d’enfermement propriétaire ou de « lock-in« . C’est difficile de quitter le fournisseur A pour aller chez le fournisseur B. Les fournisseurs de cloud computing n’offrent peu de capacités d’interopérabilité entre eux. Ça prend des informaticiens pour faire la transition sans anicroche.

C’est moins le cas avec les fournisseurs d’applications toutes faites sous le modèle SaaS, puisqu’il aurait de la difficulté à vendre leur solution avec de telles restrictions. Il faut quand même être vigilant lorsqu’on choisit un fournisseur. Il faut savoir comment on pourra le quitter le service s’il ne convient plus.

Voici une vidéo de Vint Cerf de Google qui explique cette problématique actuelle et sa vision de la solution :