La confusion nuageuse dans le jargon du cloud

L’imposante offre de machines virtuelles dans le « cloud » d’Amazon Web Services fausse souvent la compréhension de gens quant à la définition de « cloud computing » ou informatique dans les nuages. La redéfinition de plusieurs produits existants en tant que « private cloud » ou nuage privé rendent la chose encore plus difficile à saisir. Si le produit est chez vous et il est sous votre responsabilité, ce n’est tout simplement pas du « cloud ».

Le nuage c’est à l’externe

Le concept du nuage provient des diagrammes de topologie réseau. Il signifiait l’informatique ou les serveurs à l’extérieur de votre réseau. Les serveurs dont nous ne sommes pas propriétaires et qui sont hors de notre contrôle. D’ailleurs, même un « cloud » privé devrait être géré par un tiers. Il est dédié à vous, mais il est géré en sous-traitance. Le but premier du « cloud computing » est d’obtenir un service informatique payable à l’utilisation. Le service devrait être en continu et votre fournisseur ne devrait pas vous emmerder avec ses contraintes de capacité ou d’investissements matériels. C’est à lui de se ramer.

Un parc de VMs, c’est « cloud » ça?

Un cluster de machines virtuelles c’est un nuage dans la mesure que le client ne soit pas embêté par l’acquisition ou les capacités du matériel en arrière. Si le gestionnaire du parc informatique a besoin de faire des mises à jour, il ne devrait pas vous impacter. Exemple, l’outil Xen qui est utilisé chez Amazon permet de déplacer une machine virtuelle d’un serveur physique à un autre en temps réel sans l’interrompre (live migration). Le service est offert en continu.

Aussi, est-ce que votre fournisseur de service exige des formulaires en trois copies pour vous déployer un nouveau service? Si oui, ce n’est pas « cloud » ça. Vous devriez avoir accès à une interface pour déployer des ressources supplémentaires. Ceci devrait exister aussi dans un « cloud » privé.

Le nuage est un service

Ce qu’il faut retenir est que le service vous est fourni sans que vous ailliez à vous embêter avec les détails techniques et frais de démarrage. C’est un service qui se greffe à vos systèmes informatiques en place. Un service auquel vous vous attendez à une continuité sans vous soucier des problèmes matériels, de son évolution et des ressources humaines nécessaires à son bon fonctionnement. Plug & Play.

La langue française se surpasse : infonuagique

J’appréhendais un événement inévitable : la francisation de l’expression « cloud computing ». Les bien-pensants de notre langue française au Québec ne pouvaient pas laisser un terme anglophone polluer nos écrits. Il fallait agir vite! Le résultat : infonuagique.

C’est un amalgame des mots informatique et nuage. Voici la description extraite du Grand dictionnaire terminologique de l’Office de la langue française :

Modèle informatique qui, par l’entremise de serveurs distants interconnectés par Internet, permet un accès réseau, à la demande, à un bassin partagé de ressources informatiques configurables, externalisées et non localisables, qui sont proposées sous forme de services, évolutifs, adaptables dynamiquement et facturés à l’utilisation.

Si le terme vous horripile, l’Office accepte ces autres synonymes :

  • informatique intranuage n. f.
  • informatique nuagière n. f.
  • nuage informatique n. m.
  • informatique en nuage n. f.

Les termes qui n’ont pas été retenus :

  • informatique dans le nuage
  • informatique dans les nuages

J’avais énormément de difficulté avec le mot « courriel », mais je me suis habitué avec le temps. Je n’ai toutefois jamais intégré le mot « clavardage » dans mon vocabulaire.

Je vais probablement utiliser davantage les expressions « nuage informatique » et « informatique en nuage » qui ressemble beaucoup plus à l’expression « cloud computing ». Au fond, les anglophones n’ont pas créé de nouveaux mots, ils n’ont qu’ajouté un adjectif au nom commun « computing ». Évitons de se casser la tête!

La haute vitesse est pourrie partout?

Pour faire suite à mon billet précédent sur l’usage de la terminologie « haute vitesse » quand on parle d’accès internet, j’ai fait un second test dans un autre hôtel. Je loge présentement au Holiday Inn Express à South Portland et l’internet haute vitesse est aussi pourri qu’à mon hôtel précédent. Voici le tableau de résultat de SpeedTest.Net.

Pourtant dans la description des services de tous les hôtels Holiday Inn Express, on spécifie qu’on offre de l’internet haute vitesse:

Enjoy the convenience of FREE High Speed Internet Access from your guest room at hotels in the U.S. and Canada. A fee may apply for access from meeting rooms.

C'est quoi la haute vitesse internet?

Je suis à l’heure actuelle dans le Marriott Residence Montréal Airport à Ville St-Laurent. On prétend que les chambres sont munies d’internet haute vitesse, mais je trouvais que c’était lent et aussitôt qu’on transférait de quelque chose de gros, toutes les autres activités bloquaient. Je suis portant branché avec un fils ethernet dans une prise réseau RJ45 dans le mur.

J’ai eu la curiosité de faire un tour sur Speedtest.net. Le site nous déniche par défaut le serveur le plus près, soit un serveur situé à Montréal sur le réseau de Fibrenoire Internet.

Voici les résultats :

Speedtest Marriot Residence Montreal Airport

J’ignore quelle grosseur de tuyau ils ont avec le monde extérieur et combien d’utilisateurs partagent le lien, mais c’est vraisemblablement insuffisant. La haute vitesse de Vidéotron est à 7,5 Mb/s et celle de Bell autour de 5 Mb/s.

La question que je veux soulever avec ce billet, devrait-on homologuer la terminologie autour de la bande passante? Ou bien devrait-on demander aux établissements qui offrent ce service indirectement de préciser la bande passante totale? Ou encore mieux, devrait-il publier le ratio de bande passante en fonction du nombre d’utilisateurs?

Avec ces chiffres, on peut dire que ce Marriott ne livre pas exactement ce qui a été promis dans la description des services. C’est quoi la haute vitesse internet, ça signifie quoi pour vous?