Un bogue fonctionnel devant les tribunaux

Par : Nicolas Roberge
Publié le : 2008-10-08

Aujourd’hui je suis tombé sur l’émission de François Paradis à TVA. Il avait comme invité un dénommé Joël Ifergan qui poursuit Loto-Québec pour lui avoir refusé le gros lot de 13,5 millions. Il avait la combinaison de 7 numéros de la Super 7, mais il avait la mauvaise date de tirage.

Le monsieur avait acheté son billet à la toute dernière minute avant l’heure de tombée de 21:00 les soirs de tirage. Il avait bel et bien débuté sa transaction avant 21:00 et ce fait a été confirmé par Loto-Québec. Toutefois, la société d’état se fie sur l’heure d’impression du billet et il fut imprimé 7 secondes après 21 heures. Ce délai technique est coutume aux anciens terminaux qui se font remplacés présentement par Loto-Québec.

Toutefois, dans un système informatique lorsqu’on impose des règles fonctionnelles tels qu’une heure limite à l’utilisateur, le délai de traitement de la machine à saucisse ne devrait pas être un paramètre pour ce dernier. Le seul contrôle que le client a c’est l’heure qu’il décide de faire l’achat. L’heure du billet aurait donc dû être l’heure de début de transaction.

Si la transaction est suspendue pour des raisons techniques (ligne occupée, manque de papier dans l’imprimante, lenteur réseau, etc.) ça ne devrait pas modifier la requête initiale du client qui est de participer à un tirage de loterie à une date donnée.

Ceci est la définition pure d’une bogue fonctionnel. Un bogue n’est pas toujours accompagné d’un message d’erreur horrible rouge et clignotant à l’écran ou de fumée qui sort de la machine. Il peut prendre la forme d’un comportement très peu logique, probablement pas documentée, encore moins connu par la société d’état et encore moins par ses commerçants.

J’ignore ce que le résultat sera pour ce procès, mais j’ose croire que si cette subtilité n’a jamais été communiqué à sa clientèle, le juge favorisera le client.

Pour en savoir plus, voici un article sur le site de Cyberpresse.